Pyongyang nie avoir commis le piratage record de Binance information fournie par AFP 03/11/2026 à 02:56
La Corée du Nord a balayé mardi les affirmations du FBI selon lesquelles elle serait derrière le piratage record de 6,3 milliards de dollars sur la plateforme de cryptos Binance, et dit avoir tiré des missiles de croisière.
Les accusations formelles du FBI samedi relèvent d'une "rhétorique absurde n'apportant rien de nouveau", a fustigé l'influente soeur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, Kim Yo Jong, dans un communiqué diffusé par l'agence de presse d'Etat KCNA.
Les Etats-Unis ont en effet déjà tenu la Corée du Nord responsable du piratage de ByBit en février 2025, qui représentait à l'époque le plus gros casse informatique de l'histoire avec 1,5 milliard de dollars de butin.
"C'est une grave provocation politique à l'égard de la RPDC que les États-Unis trompent l'opinion publique internationale, comme si tous les cybercrimes commis dans différentes parties du monde étaient de notre fait", a lancé Mme Kim, utilisant l'acronyme de la République populaire démocratique de Corée, nom officiel de la Corée du Nord.
La police fédérale américaine (FBI) a accusé le groupe de pirates nord-coréens connu sous le nom de TraderTraitor d'être derrière le pillage de Binance, numéro un des cryptomonnaies en volume d'échanges avec ses 335 millions d'utilisateurs.
Selon le FBI, c'est cette même entité qui avait dévalisé la plateforme Bybit en 2025.
TraderTraitor est un fer de lance Lazarus Group, vaste nébuleuse du cybercrime elle-même affiliée au renseignement nord-coréen.
Le Lazarus Group s'est fait connaître en 2014 avec le hacking du studio Sony Pictures en représailles à "L'Interview qui tue!", un film satirique qui moquait le dirigeant Kim Jong Un.
Dans le communiqué de mardi, Kim Yo Jong a dénoncé "une tentative sinistre de nuire à l'image internationale de la RPDC, de porter atteinte à sa dignité et à son prestige national, et une nouvelle violation grave de (sa) souveraineté".
"La politique constante du gouvernement de la RPDC est de s'opposer résolument à tous actes malveillants dans le cyberespace", a-t-elle assuré.
Selon un rapport de l'armée américaine en 2020, l'unité nord-coréenne de cyberguerre, le "Bureau 121", compte 6.000 effectifs qui opèrent aussi à partir de l'étranger, notamment du Bélarus, de Chine, d'Inde, de Malaisie ou de Russie. En 2024, le renseignement sud-coréen estimait le nombre de ces soldats du numérique à 8.400.
"Préserver" les circuits de blanchiment
"La raison probable pour laquelle la RDPC s'est sentie obligée de réagir est le niveau d'attention internationale suscité par l'incident", le butin de Binance pesant "près d'un quart du PIB annuel estimé" de la Corée du Nord, commente pour l'AFP Michael Bosack, fondateur-directeur du Parley Policy Institute et ancien officier du Commandement des Nations Unies en Corée du Sud.
"Ce démenti n'est pas qu'une question de réputation, le gouvernement nord-coréen a besoin de préserver les circuits disponibles pour continuer à blanchir et à utiliser cette cryptomonnaie", poursuit-il, ajoutant que ce casse d'ampleur risque de compromettre un éventuel sommet entre Kim Jong Un et le président américain Donald Trump, qui a multiplié les appels du pied.
La veille de ces dénégations officielles, la Corée du Nord a par ailleurs testé des missiles de croisière, a rapporté KCNA.
Contrairement aux missiles balistiques, ces projectiles ne sont pas sous sanctions internationales, et la Corée du Sud voisine n'annonce pas leur lancement systématiquement.
Ce tir d'essai a permis de "perfectionner la capacité à conduire une frappe verticale contre la cible en améliorant la manoeuvrabilité terminale du missile de croisière", selon KCNA.
"L'ogive à dispersion, de taille moyenne, montée sur le missile de croisière, est capable de réduire en cendres une zone de cinq à six hectares à sa puissance maximale".
Pyongyang a procédé à plusieurs tests ces dernières semaines, des drones d'attaque aux torpilles, aux missiles hypersoniques, en passant par des armes à fragmentation.