Puces: l'affaire Nexperia se poursuit devant un tribunal néerlandais information fournie par Boursorama avec AFP 14/01/2026 à 12:14
Un tribunal néerlandais a tenu une audience mercredi pour déterminer s'il convient d'ordonner une enquête sur Nexperia, entreprise chinoise de semi-conducteurs basée aux Pays-Bas, qui se trouve au cœur d'une bataille géopolitique.
La société, dont la maison mère est le groupe chinois Wingtech, est au centre d'un bras de fer entre Pékin et l'Occident. Cette situation menace de paralyser les constructeurs automobiles dépendants de ses puces électroniques.
Fin septembre, l'Etat néerlandais a pris de facto le contrôle de l'entreprise, invoquant une loi de 1952.
En octobre, la Chambre de commerce d'Amsterdam a suspendu en urgence le PDG chinois de l'entreprise, Zhang Xuezheng, mettant en avant des inquiétudes quant à sa gestion.
Les dirigeants européens de Nexperia demandent désormais à la Chambre de commerce d'Amsterdam d'ordonner une enquête approfondie dans la gestion de la société et de maintenir la suspension du PDG.
Les avocats de Nexperia ont accusé mercredi le propriétaire chinois Wingtech d'une "politique de la terre brûlée" dans ses tentatives de reprendre le contrôle de l'entreprise, insinuant que le PDG préférerait détruire la valeur de la société plutôt que de faire des concessions.
"Wingtech met tout en œuvre pour déstabiliser Nexperia, déjà fragilisée par une situation critique", a déclaré l'avocat Jeroen van der Schrieck.
Zhang Xuezheng était absent à l'audience. Son avocat a indiqué qu'il n'était pas en état d'y assister et que l'affaire le touchait personnellement.
La décision du gouvernement néerlandais de prendre le contrôle de Nexperia avait provoqué la fureur à Pékin, qui avait aussitôt ordonné le blocage des exportations de produits Nexperia depuis la Chine.
Les puces sont fabriquées en Europe, puis envoyées en Chine pour la finition, avant d'être réexportées vers les clients en Europe et sur d'autres marchés.
Des constructeurs automobiles européens, tels que Volkswagen, ont averti qu'une pénurie de ces puces pourrait entraîner des arrêts de production, car elles sont indispensables à l'électronique embarquée.
Fin octobre, à la suite de négociations commerciales entre le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Donald Trump, Pékin a accepté de reprendre ses exportations.
En réponse, le gouvernement néerlandais a annoncé la suspension de sa procédure d'expropriation d'urgence.
La Chambre de commerce d'Amsterdam ne devrait pas se prononcer mercredi sur l'opportunité d'une enquête, mais est susceptible d'annoncer une date pour sa décision.