Prudence attendue à la Banque d'Angleterre, préoccupée par la hausse des salaires information fournie par Boursorama avec AFP 05/02/2026 à 08:09
La Banque d'Angleterre devrait laisser son taux directeur inchangé jeudi, à 3,75%, en raison d'une inflation et d'une croissance des salaires encore élevées au Royaume-Uni, malgré une timide éclaircie économique.
La banque centrale britannique optera certainement pour le statu quo "dans un contexte de signaux contradictoires concernant la situation économique et l'inflation", estime Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets.
L'inflation a progressé en décembre au Royaume-Uni pour la première fois depuis cinq mois, à 3,4% sur un an, un chiffre supérieur aux prévisions et largement au-dessus de la cible de 2% visée par la BoE.
Mais malgré un taux de chômage au plus haut depuis cinq ans dans le pays, à 5,1%, le pays renoue progressivement avec la croissance, plus forte qu'anticipé en novembre, à 0,3% et l'activité économique montre des signes d'amélioration.
La BoE doit aussi rendre jeudi ses dernières prévisions en matière de croissance et d'inflation.
Lors de sa dernière réunion en décembre, l'institution monétaire avait procédé à sa sixième baisse de taux depuis depuis août 2024.
A cette occasion, son gouverneur Andrew Bailey avait confirmé que les taux d'intérêt restaient "sur une trajectoire descendante", tout en notant qu'"à chaque réduction, la question de l'ampleur des baisses à venir devient plus délicate".
La BoE avait au passage précisé que l'enquête qu'elle mène annuellement auprès des entreprises britanniques en les interrogeant notamment sur les augmentations de salaires, attendue jeudi, "constituera un élément clé de la réunion de février".
Sa plus récente étude publiée en décembre suggère que les employeurs prévoient d'accorder des augmentations de salaire de 3,5% environ cette année.
Entre septembre et novembre 2025, la progression des salaires (hors primes) a légèrement ralenti par rapport au trimestre précédent, à 4,5% et 3,6% pour le secteur privé uniquement.
Mais "le ralentissement anticipé de la croissance des salaires sera probablement insuffisant pour satisfaire les membres les plus intransigeants du Comité de politique monétaire", projette Patrick Munnelly, de Tickmill.
Selon l'analyste, les futures baisses de taux s'effectueront donc de manière "limitée et très graduelle".
D'après les analystes, la Banque centrale européenne (BCE), qui rend également jeudi sa décision sur son taux directeur - actuellement à 2% - devrait aussi annoncer un statu quo.