Prostitution: 500 manifestants à Paris pour l'abolition, dix ans après la loi de 2016
information fournie par AFP 12/04/2026 à 17:11

Des manifestants à Paris le 12 avril 2026 ( AFP / Ian LANGSDON )

Près de 500 personnes ont manifesté dimanche à Paris pour l'abolition totale de la prostitution en France et dans le monde, dix ans après l'adoption d'une loi-cadre visant à lutter contre ce phénomène dans l'Hexagone.

Lors d'une petite cérémonie devant le Panthéon, les organisateurs ont fait témoigner des femmes sorties de la prostitution originaires de 14 pays, se présentant comme des "survivantes", venues à Paris pour vanter la loi française et réclamer sa généralisation dans le monde.

"La réalité de la prostitution, ce n'est aucunement le libre choix" des femmes, "c'est le résultat de la pauvreté, de l'isolement et de la discrimination sociale", a témoigné au micro l'une d'elle, coréenne.

Avec la loi de 2016, qui pénalise les clients, "la France est devenu le fer de lance de l'abolition de la prostitution", a expliqué Céline Thiebault-Martinez, députée socialiste de Seine-et-Marne et présidente du groupe d'étude sur la prostitution à l'Assemblée.

Des manifestants à Paris le 12 avril 2026 ( AFP / Ian LANGSDON )

"Mais le volet +prévention+ reste très peu développé", alors même que la prostitution de mineures se développe, a-t-elle ajouté.

Les recruteurs utilisent notamment les réseaux sociaux pour recruter des adolescentes, expliquant que la prostitution "est un travail comme un autre", qu'elles "ont la liberté de leur corps", a-t-elle regretté.

Dans le cortège, à l'appel de 80 organismes, dont le Mouvement du nid, la fondation Scelles et le Collectif national pour les droits des femmes, les manifestants arboraient de multiples pancartes comme "la prostitution est violence", "client homme normal comme Pelicot", "la prostitution n'est pas un job étudiant, c'est une violence".

La loi du 13 avril 2016 a abrogé le délit de racolage et l'a remplacé par la pénalisation des clients, passibles d'une amende de 1.500 euros, pouvant aller jusqu'à 3.750 euros en cas de récidive.

La loi avait également aménagé un parcours de sortie de la prostitution pour les 40.000 personnes - dont une écrasante majorité de femmes - concernées en France, selon les estimations officielles.

En parallèle, le Strass, le syndicat du travail sexuel, organisait dimanche après-midi des "réflexions et débats" à Paris pour "travailler à une offre politique alternative".

Il dénonce à l'inverse "le bilan catastrophique" de la loi de 2016 notamment "en termes de précarisation" et "d'insécurité" pour les travailleuses et les travailleurs du sexe.

Ce syndicat ainsi que d'autres associations réglementaristes prônent un encadrement de la prostitution, plutôt que son interdiction.