Procès en appel de l'assassinat de Paty: Ruffin dénonce "l'infâme défense des bourreaux" information fournie par AFP 27/01/2026 à 18:54
François Ruffin a critiqué mardi, au lendemain de l'ouverture du procès en appel des personnes impliquées dans l'assassinat en 2020 de Samuel Paty, "l'infâme défense des bourreaux" et a accusé le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui et son avocat de "salir la mémoire et l'honneur" du professeur.
"Sefrioui, le prédicateur islamiste ayant jeté Samuel Paty à la vindicte sur les réseaux sociaux, change de pied. Sa défense ne consiste plus à refuser tout lien avec l'assassin Anzorov. Désormais, il attaque l'enseignant reprenant la rumeur: il aurait discriminé des élèves. La morale est retournée: à l'origine, le délit viendrait de Samuel Paty", a écrit sur X le député de Picardie, candidat à la primaire des unitaires de gauche pour l'élection présidentielle de 2027.
"Sefrioui et son avocat diffament Samuel Paty, l'insultent, salissent sa mémoire et son honneur. Où sont les réactions du ministre de l'Education nationale?", a ajouté l'élu de la Somme en dénonçant une "intimidation directe pour tout le corps enseignant".
"Que nous valent ces pudeurs de gazelle quand l'honneur d'un enseignant décapité pour transmettre les valeurs de la République est ainsi souillé en place publique?", conclut-il en interpellant la gauche.
L'ancien Insoumis, fondateur du parti Debout, réagissait aux déclarations de Me Francis Vuillemin lundi.
L'avocat d'Abdelhakim Sefrioui a accusé le professeur d'avoir "procédé à la discrimination des élèves musulmans".
"Je démontrerai qu'il faisait la même chose dans le précédent établissement où il était affecté en 2016 (...) Lui disait que c'était pour protéger les élèves par rapport à cette caricature. Mais on ne protège personne dans l'école de la République en discriminant, en demandant à des élèves de se désigner en fonction de leur religion", a-t-il dit devant la presse.
L'enseignant d'histoire-géographie avait été décapité le 16 octobre 2020 aux abords du collège du Bois-d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par Abdoullakh Anzorov, abattu par la police juste après son crime.
Une élève de 13 ans avait menti en l'accusant d'avoir discriminé les élèves musulmans de sa classe lors d'un cours sur la liberté d'expression où il avait présenté une caricature de Mahomet. En réalité, elle n'y avait pas assisté.
"Il n'est évidemment pas question de faire le procès post-mortem de Samuel Paty. Ce n'est pas le sujet et ce serait totalement contreproductif, qui plus est compte tenu de l'émotion suscitée par la barbarie de l'acte", a déclaré un autre des conseils d'Abdelhakim Sefrioui, Me Vincent Brengarth, à l'AFP.
"Rien ne doit venir occulter le fait que notre client n'avait aucun lien avec l'auteur de l'attentat, qu'il ne connaissait pas et que ce dernier n'a jamais vu sa vidéo", a-t-il ajouté.