Primaire ou pas primaire ? Philippe répond au 20H00 de TF1
information fournie par AFP 01/11/2026 à 13:38

Le maire du Havre et candidat Horizons à la présidentielle Edouard Philippe, le 11 avril 2026 à Paris ( AFP / Ian LANGSDON )

La droite et le centre auront-ils un candidat unique issu d'une primaire pour éviter un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ? Le débat, relancé dans la semaine par Gabriel Attal, devrait être tranché par le favori de cet espace, Edouard Philippe, qui s'exprime dimanche soir sur TF1.

Le maire du Havre sera l'invité du journal télévisé de 20H00, quatre jours après son concurrent du bloc issu du macronisme, Gabriel Attal.

Ce dernier, en perte de vitesse dans les sondages, y a proposé une "primaire des démocrates".

Mais Edouard Philippe martèle depuis des mois qu'il est opposé à ce mode de départage. Mercredi soir, son parti, Horizons, avait de nouveau accueilli négativement la proposition de l'autre ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron.

"Ce n'est pas ce +en même temps+ aussi cafouilleux qu'hasardeux qui permettra d'éviter" un duel RN-LFI, a ainsi fustigé le président du groupe à l'Assemblée nationale, Laurent Marcangeli.

"La pression était forte sur lui dans son parti et dans les sondages", a ajouté un autre proche de M. Philippe à propos de M. Attal, en se demandant si son initiative n'était pas "un moyen de se trouver une sortie élégante".

Mais le maire du Havre, bien que favori dans l'espace du centre et de la droite dans les sondages, est lui aussi dans une dynamique négative depuis quelques semaines, semblant payer la gestion de la crise sociale par le gouvernement.

Au point d'être même relégué dans les sondages -qu'il voyait comme le principal moyen de faire la différence avec ses rivaux- derrière Jean-Luc Mélenchon (LFI) et au coude-à-coude avec Raphaël Glucksmann (Place publique/PS). Et très loin de l'actuelle favorite du scrutin, la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen.

"Édouard (Philippe) a commencé à se mettre sur le toboggan, mais je ne suis pas sûr qu'il le sente", s'inquiétait dans la semaine un cadre du bloc central.

"Je ne vois pas les signaux envoyés pour inverser la tendance lourde", ajoutait cet élu, lui-même partisan d'une primaire.

Avec qui?

L'idée, si Edouard Philippe l'accepte, serait donc de faire participer les candidats déclarés au centre et à droite pour qu'émerge une seule candidature de cet espace, qui a pris l'habitude depuis 2024 de gouverner ensemble.

En espérant que le vainqueur, débarrassé des autres candidats, puisse bénéficier d'un regain dans les enquêtes d'opinion, comme cela a été le cas pour M. Glucksmann après sa victoire écrasante à la primaire social-démocrate.

Mais c'est autour du périmètre de cette primaire que le bât blesse.

L'offre initiale de Gabriel Attal semblait adressée aussi à Raphaël Glucksmann.

Mais ce dernier n'entend pas participer à une seconde primaire, surtout qu'il ne se voit pas associé à cet espace de la droite et du centre.

Alors, à qui envoyer les cartons d'invitation ?

Samedi, dans les colonnes du journal Le Parisien, la ministre Renaissance Aurore Bergé, elle-même partisane de longue date de ce processus, a plaidé pour la participation de Renaissance, du MoDem, d'Horizons, des centristes de l'UDI (Union des démocrates et indépendants), du Parti Radical, des Républicains (LR) ou encore de Nouvelle Énergie.

Un périmètre qui inclurait donc le très libéral maire de Cannes David Lisnard, porté par une certaine dynamique en cet automne.

Mais ce dernier, qui plaide lui aussi depuis longtemps pour une primaire, ne fait pas l'unanimité. Il est par exemple considéré comme trop à droite par le chef des députés MoDem, Marc Fesneau.

Dans la Tribune Dimanche, il a accusé David Lisnard de "préparer la grande alliance avec l'extrême droite, comme Sarah Knafo", l'eurodéputée de Reconquête!, le parti d'Eric Zemmour.

Dans la semaine, l'ancien Premier ministre LR, Michel Barnier, soutien de Bruno Retailleau, a lui aussi plaidé pour une primaire "de la droite et du centre".