Primaire de la gauche : Glucksmann espère l'emporter dès le premier tour, le scrutin reste incertain information fournie par AFP 11/10/2026 à 14:21
Qui arrivera en tête de la primaire sociale-démocrate ? Quelque 140.000 votants ont jusqu'à 18H00 ce dimanche pour choisir parmi les cinq prétendants, dont le favori Raphaël Glucksmann, qui espère être élu dès le premier tour, après une cyberattaque qui a perturbé le processus.
Alors que le vote ne se fait que par voie électronique, une cyberattaque, lancée vendredi matin à l'ouverture du scrutin, a ralenti les connexions sur la plateforme dédiée et obligé les organisateurs à prolonger le vote jusqu'à dimanche 18H00, laissant le résultat, qui doit être connu dans la foulée, plus incertain que jamais.
"Nous sommes manifestement face à une attaque contre la démocratie française, qui va bien au-delà de la primaire des socialistes", a estimé le président de la commission d'organisation de la primaire, Patrick Mennucci, dans La Tribune Dimanche.
Le vote a cependant pu reprendre normalement vendredi soir. Dimanche à 14H00, plus de 116.000 personnes avaient voté, selon les organisateurs.
M. Glucksmann espère l'emporter dès le premier tour. L'eurodéputé table sur ses nombreux soutiens au sein du PS (notamment les chefs des deux groupes parlementaires de l'Assemblée et du Sénat), en plus de ses partisans de Place publique. Un second tour est prévu si besoin les 16 et 17 octobre.
Face à lui, le patron du Parti socialiste Olivier Faure fait figure de challenger. Il compte sur le patriotisme de parti pour l'emporter, mais n'est crédité dans les sondages que de 3 à 5 % des voix, loin des intentions de vote de M. Glucksmann, qui navigue entre 10 et 12 %.
L'ex-candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, espère aussi tirer son épingle du jeu, 20 ans après avoir été présente au second tour d'une élection présidentielle.
Un sondage Harris Interactive pour M6 et RTL, publié vendredi, la place en deuxième position dans les préférences des Français, derrière M. Glucksmann et devant M. Faure.
Les députés Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste) font eux figure d'outsiders dans cette primaire.
"Effacement" du PS
Mais avec une large part de votants qui ne sont pas issus des partis politiques organisateurs et se sont inscrits sur une plateforme dédiée, le corps électoral reste largement inconnu.
Très identifié sur l'international et l'Europe, M. Glucksmann voit dans cette primaire le début d'une "refondation de la gauche", avec une rupture claire avec La France insoumise (LFI) et son leader Jean-Luc Mélenchon.
Ce fut son principal sujet de discorde avec M. Faure et Mme Royal, lors des débats télévisés.
Soutenu par M. Guedj, M. Glucksmann, qui considère que M. Mélenchon joue avec les codes de l'antisémitisme, a accusé le patron du PS de vouloir se rapprocher du patriarche insoumis, comme il l'a déjà fait à deux reprises au moment de la Nupes (2022) et du Nouveau Front populaire (2024).
M. Faure, partisan d'un rassemblement de la gauche à l'Assemblée, l'a accusé en retour de vouloir se rapprocher du centre, ravivant le procès en "macronisme" qui colle à la peau de l'eurodéputé.
Et lui, qui avait désigné M. Glucksmann comme tête de liste du PS aux élections européennes en 2019 et 2024, considère désormais qu'une victoire de l'eurodéputé signifierait l'"effacement" du PS dans l'élection présidentielle. Mme Royal a aussi déploré un "hold-up" du leader de Place publique sur le PS.
De son côté, M. Glucksmann a estimé qu'il était "le seul" à véritablement croire en une victoire de la social-démocratie à la présidentielle, et que ses concurrents avaient "l'esprit de défaite".
Des dissensions qui présagent d'un difficile rassemblement derrière celui qui sera désigné vainqueur.
M. Mélenchon a lui affirmé samedi attendre que la primaire "se passe". "Une fois que le candidat socialiste sera désigné, le tableau sera plus stabilisé", a-t-il dit. "Enfin, pas tout à fait de leur côté", a-t-il ironisé.
Si la primaire a attiré plus de monde que les 90.000 inscrits escomptés par les organisateurs, elle est loin des grandes heures du PS. En 2012, celle qui avait conduit à la victoire de François Hollande avait rassemblé entre 2,6 et 2,8 millions de votants. En 2017, la primaire qui avait désigné Benoît Hamon en avait encore réuni entre 1,6 et 2 millions.