Primaire: à la veille du premier tour Glucksmann favori, sans convaincre complètement information fournie par AFP 08/10/2026 à 12:30
Après des débats souvent rugueux, Raphaël Glucksmann reste le favori de la primaire sociale-démocrate, mais est loin d'avoir levé tous les doutes, à la veille du premier tour.
Il était attendu au tournant: très identifié parmi les cinq candidats mais moins aguerri sur le plan politique, Raphaël Glucksmann jouait gros lors des trois débats télévisés, après une prestation jugée décevante lors d'un échange sur LCI avec Eric Zemmour en novembre 2025.
D'autant que le leader de Place publique a longtemps refusé de participer à une telle primaire, dont il a exigé un montant d'adhésion élevé (15 euros), puis rechigné à la tenue de plusieurs débats télévisés, permettant à ses opposants au sein du PS de moquer un candidat à la présidentielle qui "a peur des électeurs".
Cette fois, l'eurodéputé a "bossé, bossé, bossé", et "a fait taire les critiques sur sa capacité à débattre", assure un proche, satisfait de voir que les sondages le placent toujours largement en tête de l'espace social-démocrate avec 11% des intentions de vote, loin devant son principal concurrent, le patron du PS Olivier Faure (3%).
Raphaël Glucksmann, qui peut s'enorgueillir d'avoir obtenu mercredi le ralliement du chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner (après celui du chef des député Boris Vallaud), a aussi quasiment triplé le nombre de militants au sein de son parti, selon le dernier décompte des adhésions avant le premier tour de la primaire prévue vendredi et samedi.
Mais l'eurodéputé n'a pas encore complètement enfilé le costume présidentiel, comme en témoignent ses difficultés notamment face à Ségolène Royal, lors des débats.
L'ancienne candidate à la présidentielle de 2007, rompue à l'exercice, en a fait son bouc émissaire avant même les premiers échanges, en le traitant de "stagiaire".
Et il s'est retrouvé plusieurs fois en délicatesse, par exemple sur son refus de qualifier de génocide les actions de l'armée israélienne à Gaza, ou sur ses difficultés à s'excuser auprès de l'ancienne ministre après la publication d'une vidéo où il l'accusait d'avoir "fait la danse du ventre devant Macron".
"une seule famille"
Très identifié sur l'international et l'Europe, mais aussi sur son hostilité à La France insoumise qu'il a martelée dans les débats, le leader de Place publique s'est aussi fait attaquer par Olivier Faure et Ségolène Royal, sur son supposé projet d'alliance avec le centre, lui qui s'est entouré de plusieurs anciens macronistes.
La candidate à la présidentielle de 2007 lui a aussi reproché de vouloir faire un "hold-up" sur le PS. Une pique reprise jeudi par Olivier Faure, pour qui la victoire de M. Glucksmann signifierait "l'effacement" du parti socialiste à la présidentielle.
Des "attaques désespérées de dernière minute", pour l'eurodéputé qui assure que Place publique et le PS sont "une seule et même famille politique".
Raphaël Glucksmann revendique par ailleurs de montrer ses fragilités, se disant loin du sérail politique et des "coup de billard à quatre bandes".
"Il a une image de nouveauté, c'est ce qui fait sa force", veut croire Jérôme Auslender, membre de Place publique.
"Il cultive l'image de dire +j'ai pas les codes politiques+ mais il a un mandat et demi de député européen dans les pattes, c'est un homme politique comme les autres", rétorque un élu de gauche, qui le voit comme un "wanna be Macron mais sans les ingrédients qui ont fait le succès du macronisme".
Le même prédit sa victoire parce que "sa seule force, c'est la faiblesse de ses adversaires".
L'eurodéputé "n'a pas fait taire les doutes" et "ne s'est pas renforcé. Mais Faure n'apparaît pas non plus comme une alternative sérieuse", abonde un cadre insoumis.
Dans le camp écologiste, un responsable admet aussi qu'il "n'est pas bon en campagne, mais ça ne va pas jouer tant que ça", car "son avantage c'est qu'il n'est pas socialiste".
Un optimisme que ne partagent pas certains cadres du camp macroniste, convaincus qu'il sera battu par Olivier Faure. "Il a mis la main dans la machine PS et il est en train de se faire entuber", assure une source au sein de Renaissance.