Primaire à gauche: "la balle est dans le camp des socialistes", affirme Tondelier information fournie par AFP 28/03/2026 à 09:32
"La balle est dans le camp des socialistes" alors que le sort de la primaire à gauche, pour désigner un candidat unitaire à la présidentielle de 2027, semble plus que jamais menacé, a affirmé samedi la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier.
"On ne pourra pas gagner seul, ni nous, ni eux. Et j'aimerais bien qu'ils l'entendent parce que je vois bien leurs règlements de comptes, là, en ce moment", a pesté Marine Tondelier sur France Inter.
L'ambiance au Parti socialiste s'est effectivement tendue cette semaine, au lendemain d'élections municipales marquées par des dissensions sur la pertinence d'alliances locales avec La France insoumise. Dans ce contexte, le premier secrétaire Olivier Faure, qui défend l'organisation le 11 octobre d'une primaire de la gauche non-mélenchoniste, a été mis en minorité par une partie des cadres socialistes qui estiment que ce processus, en l'absence de personnalités comme Raphaël Glucksmann, ne permettra pas la victoire en 2027.
Cette remise en question a été l'objet d'un appel vendredi soir entre Mme Tondelier et M. Faure, a-t-elle indiqué.
"On a pris cette décision d'intérêt général de porter la primaire avec d'autres. Maintenant, la balle, elle est dans le camp des socialistes", a-t-elle lancé samedi.
Quant aux détracteurs de la primaire, "on n'a d'ailleurs pas bien compris le début de commencement d'une solution pour gagner derrière", a déploré Mme Tondelier, mettant en garde contre le "spectacle affligeant" à venir.
"Parce que s'ils arrivent à faire leur pu-putsch contre Olivier Faure, après il se passe quoi? Ils se battent ensemble trois mois pour savoir qui prend la place. Ils mettent qui comme candidat? C'est Glucksmann. Tous ceux qui soutiennent Glucksmann au PS sont en fait candidats eux-mêmes", a-t-elle grincé, en allusion à François Hollande notamment.
Fustigeant les "déclarations péremptoires" du chef des députés PS Boris Vallaud ou de Raphaël Glucksmann qui s'arrogeraient, selon elle, "le monopole des valeurs", Mme Tondelier a indiqué qu'elle publierait "vendredi prochain un manifeste qui s'appelle +Ce que nous vous devons+, une sorte de manuel de défense de la primaire".
Elle s'est par ailleurs dite "très inquiète" des passes d'armes à gauche entre socialistes et insoumis.
"Quand on mine un champ de bataille, y compris si un jour la guerre se termine, les mines, elles, restent. Et donc ce qui est en train de se passer, ce processus en cours, il a un côté irréversible", a-t-elle fait valoir, regrettant que "certains chefs ont décidé d'être irréconciliables" alors que "les électeurs, eux, ne le sont pas".