Presque "quatre fois plus élevées" que la moyenne : une étude de la grande distribution dénonce les "super-marges" des multinationales
information fournie par Boursorama avec Media Services 02/11/2026 à 11:22

"Les très grandes entreprises et les multinationales se cachent derrière les petites" pour faire valoir un discours "disant 'on va tous mal, on ne peut pas investir'", selon la Fédération du commerce.

( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

La grande distribution, qui s'apprête à engager les négociations commerciales annuelles avec les industriels, a dénoncé lundi 2 novembre à travers une étude, les marges des multinationales qui les fournissent, "près de quatre fois plus élevées" que la moyenne de l'industrie agroalimentaire française.

Ces grands groupes ont affiché une marge nette moyenne de 13 % entre 2017 et 2025, contre 3,5 % pour l'ensemble de l'industrie agroalimentaire française entre 2018 et 2024, selon l'étude réalisée par le cabinet français Asterès pour la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), l'organisation patronale qui représente la grande distribution.

Publiée à quelques semaines de l'ouverture des négociations commerciales annuelles entre distributeurs et fournisseurs, cette analyse entend mettre en lumière l'écart entre la situation financière des multinationales du secteur et celle des PME."On nous présente tout le temps le bloc industriel comme un ensemble plutôt homogène (...), mais on voit bien que c'est un groupe totalement hétérogène", explique à l' AFP Judith Jiguet, directrice générale de la FCD.

"Les très grandes entreprises et les multinationales se cachent derrière les petites" pour faire valoir un discours "disant 'on va tous mal, on ne peut pas investir' ", accuse-t-elle. Il faut "les mettre en face de leurs responsabilités et de leurs choix stratégiques".

94 % des résultats nets versés aux actionnaires.

L'étude relève par ailleurs qu'entre 2022 et 2025, "en pleine crise inflationniste", les multinationales analysées ont reversé 94 % de leur résultat net à leurs actionnaires. "Cela signifie que les multinationales cotées, fournisseurs de la grande distribution, sont résolument orientées vers la rémunération de l'actionnaire plutôt que vers l'investissement ", notent les auteurs.

L'étude a porté sur 33 entreprises sur les 53 multinationales avec lesquelles la distribution négocie chaque année. Les 20 autres n'ont pas pu être étudiées faute de données, explique la FCD.

Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, supermarchés et fournisseurs alimentaires mènent des négociations, parfois brutales, qui déterminent in fine les prix en rayon (hors marques propres des distributeurs, viandes, fruits et légumes frais).

Une réunion de préparation entre industriels et distributeurs est prévue dans la journée.

La FCD a affirmé la semaine dernière qu'elle n'y "participera(it) pas (...) tant que deux exigences fondamentales n'auront pas été reconnues et partagées par tous", citant un traitement différencié pour les PME et "la transparence" sur les coûts de la matière première agricole. Selon la FCD, les multinationales pèsent près de 75% des négociations commerciales en valeur.