Présidentielle: pour sortir de sa torpeur, le PS passe au vote
information fournie par AFP 09/07/2026 à 13:57

Olivier Faure, député du groupe "Socialistes et Apparentés", assiste à un vote sur une motion de censure déposée par le parti "Les Ecologistes" à l'Assemblée nationale, à Paris, le 6 juillet 2026 ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Après des mois d'atermoiements, le PS passe jeudi à un premier vote pour sortir de ses querelles intestines sur la campagne présidentielle.

Ses militants sont appelés à déterminer le périmètre de la primaire de l'espace socialiste, question sur laquelle Olivier Faure et ses opposants se déchirent.

Deux propositions sont soumises au vote des militants, qui aura lieu en physique, de 17H00 à 22H00. Toutes deux actent bien qu'il y aura une primaire de l'arc social-démocrate (principalement le PS et Place publique), "fin septembre-début octobre" selon Olivier Faure, mais diffèrent sur le corps électoral.

Le premier secrétaire propose que le vote soit ouvert aux "sympathisants" socialistes (moyennant une participation de deux euros), pour que le corps électoral soit le plus large possible. Dans son camp, on envisage qu'entre 500.000 et un million de personnes y participent.

Le député de Seine-et-Marne souhaite, mais sans l'imposer, que le vainqueur participe ensuite à une primaire unitaire de la gauche hors-LFI avec les Ecologistes et les anciens Insoumis Clémentine Autain et François Ruffin.

Boris Vallaud, député du Parti socialiste (PS), arrive pour participer à un débat au Beffroi de Montrouge, à Montrouge, dans les Hauts-de-Seine, le 22 juin 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )

Ses opposants, dont le premier d'entre eux est le chef des députés Boris Vallaud, longtemps son allié, proposent la désignation d'un candidat simplement par les "militants" du PS et des "organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste", comme Place publique de Raphaël Glucksmann mais aussi La Convention, mouvement de l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve.

Le vote de jeudi dictera donc les modalités d'un autre vote à venir (la primaire de l'espace socialiste). Et son vainqueur pourrait encore se soumettre à un nouveau vote (la primaire de la gauche unitaire), avant la présidentielle.

Une situation qui exaspère tout le monde au Parti socialiste alors que presque tous les autres candidats à la présidentielle se sont officiellement lancés.

"Nous sommes très en retard. Tous les partis politiques ont leur candidat ou leur candidate, sauf nous", déplore Boris Vallaud.

Combien de candidats à la primaire ?

Si les rapports de force du dernier congrès sont respectés, les opposants à Olivier Faure, majoritaires depuis que Boris Vallaud et son courant les ont rejoints, devraient l'emporter.

"Tout le monde anticipe une faible participation, notamment des jeunes, ce qui est à notre désavantage", reconnaît un "fauriste".

De quoi remettre en cause le mandat d'Olivier Faure, déjà mis en minorité dans le groupe socialiste à l'Assemblée sur la question de la censure cette semaine?

"Ce n'est pas un référendum pour ou contre moi, c'est ce soir un choix stratégique entre s'élargir, ouvrir les fenêtres (...) ou rester dans le huis-clos entre militants", a assuré l'intéressé, qui exclut de démissionner.

Si ce "huis clos" était confirmé, "on prend le même risque qu'en 2022", quand Anne Hidalgo a fini avec 1,75% des suffrages, s'alarme un fauriste.

Raphaël Glucksmann, chef du parti de centre-gauche "Place publique" et député européen, participe à la 6e édition du Festival des Idées à La Charité-sur-Loire, dans la Nièvre, le 4 juillet 2026 ( AFP / Alain JOCARD )

Pour l'instant, le seul candidat déclaré à cette primaire des socialistes et apparentés est le député de l'Eure Philippe Brun - le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane ayant annoncé une candidature hors primaire.

Le député de l'Essonne Jérôme Guedj, autre candidat socialiste annoncé à la présidentielle, pourrait éventuellement participer à la primaire si l'option des opposants d'Olivier Faure est retenue, mais ne le fera pas dans le cas inverse.

Mais ce sont les candidatures des poids lourds qui seront guettées. Raphaël Glucksmann, fondateur de Place publique, est le favori des sondages dans l'espace social-démocrate et le champion d'une partie des opposants à Olivier Faure.

En précampagne, l'eurodéputé pourrait difficilement se mêler à la course pour l'Elysée sans le soutien de l'appareil socialiste, ses militants et ses élus. Mais il n'a pas encore dit s'il acceptait une primaire, même réservée aux seuls militants.

Olivier Faure n'a pas encore communiqué sur sa décision d'être candidat. Mais "il ne serait pas illégitime que je le sois", a-t-il dit jeudi.

Boris Vallaud "a envie d'aller à la bagarre". L'ancien président de la République François Hollande refuse lui de se plier à une primaire, se positionnant comme un recours en fin d'année si le PS est toujours dans l'impasse.

Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de TF1 le 3 mai 2026 ( AFP / Julie SEBADELHA )

Car à gauche, le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon, sur une bonne dynamique depuis son lancement de campagne, semble avoir pris une longueur d'avance sur ses concurrents.