Présidentielle: les divisions reviennent au galop chez Les Républicains information fournie par AFP 04/06/2026 à 18:03
Une pression renforcée pour qu'il jette l'éponge ou au contraire l'occasion de faire le ménage ? A deux semaines de son premier grand meeting, le candidat LR à l'Elysée Bruno Retailleau fait face au retour des divisions qui ont miné son parti sous la macronie.
Il y a tout d'abord l'image, celle du patron des députés LR Laurent Wauquiez tout sourire mercredi soir au congrès des Jeunes agriculteurs à Bourg-en-Bresse au côté d'Edouard Philippe, le grand rival à droite de l'ancien ministre de l'Intérieur.
Et puis le son quand le député de Haute-Loire, partisan d'une primaire, présente l'ancien Premier ministre comme celui qui "a le mieux compris qu'un congrès JA ne se joue pas le jeudi mais la soirée d'avant", un tacle appuyé à Bruno Retailleau arrivé sur place... jeudi.
A quoi s'ajoute un échange épistolaire entre le candidat LR et Jean-François Copé, l'un de ses soutiens l'an dernier à la présidence du parti. Le premier exige des "clarifications" au second sur ses déclarations sur Edouard Philippe, dont il ne cesse de répéter qu'il est le mieux placé dans les sondages.
"La question n'est pas de savoir comment exclure mais comment rassembler", a répliqué le maire de Meaux, cinglant.
"Ce qui nous affaiblit, c'est l'ambiguïté et le manque de clarté", argumente encore le camp de Bruno Retailleau, qui n'est pas loin de souhaiter ce débauchage "pour faire le boulot de ménage" avant que la campagne entre dans le dur à la rentrée.
"La porte est ouverte et on le laisse volontiers à Edouard Philippe, à qui il n'apportera pas d'autres voix que la sienne", ironise l'entourage du patron de LR, d'autant plus agacé par Jean-François Copé qu'il utilise dans les médias le temps de parole du parti.
Face aux divisions internes, Bruno Retailleau se prévaut du soutien écrasant de 74% des adhérents du parti, qui a "légitimé" sa candidature en avril.
Un résultat qui s'avère insuffisant pour faire oublier le psychodrame de l'automne lorsque six membres de son parti avaient bravé ses consignes pour entrer au gouvernement de Sébastien Lecornu.
- "Jusqu'au bout" -
Une brèche qui divise aujourd'hui encore les députés et les sénateurs LR et dans laquelle la tentation de s'engouffrer est grande pour les rivaux. A l'image d'Eric Ciotti, l'ex-président du parti, qui s'est allié au RN et qui accueille en fanfare chaque élu qui déserte son ancienne maison.
Idem, pour Edouard Philippe: "Au fur et à mesure des prochaines semaines, je vais rassembler très au-delà d'Horizons", expliquait-il à l'AFP lors de sa réunion de parti début mai à Reims, une démarche qui passe forcément par LR.
Bruno Retailleau a d'ailleurs été contraint de couper court à une rumeur qui circulait la semaine dernière sur un potentiel ralliement au maire du Havre: "Ma candidature ira jusqu'au bout", a-t-il promis dans les colonnes du JDD.
Mesuré entre 8 et 10% dans les intentions de vote, l'ancien ministre de l'Intérieur "dispose d'un socle qui s'est même renforcé depuis qu'il a quitté Beauvau", assure son entourage, qui n'écarte pas que Gabriel Attal parvienne à l'automne à dépasser Edouard Philippe, "ce qui changerait la donne à droite".
Un cadre d'Horizons doute toutefois que Bruno Retailleau parvienne à "enclencher une dynamique" d'ici l'automne et se dit convaincu qu'il est possible de "travailler ensemble".
Que nenni, prévient un membre du gouvernement qui rappelle que Bruno Retailleau a été "jusqu'au bout du bout" aux côtés de François Fillon en 2017. "Aujourd'hui, c'est cette personne dont on pense qu'il est susceptible de se retirer en octobre, après on dit décembre, et puis c'est après Noël...", prévient-il.
En attendant, le meeting de Bruno Retailleau, le 20 juin à Paris, sera examiné à la loupe, tout particulièrement les premiers rangs pour noter les présents et les absents.
Le président du Sénat Gérard Larcher répondra présent, tout comme l'ex-Premier ministre Michel Barnier ainsi que le député Philippe Juvin, qui avait pourtant négocié un accord avec la macronie dans les Hauts-de-Seine en 2024.
Du côté des absents annoncés: Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, qui n'écarte pas de se lancer également dans la course ainsi que les ministres LR et de nombreux députés.