Présidentielle: le PS embourbé dans la primaire information fournie par AFP 03/06/2026 à 19:30
A peine dévoilée, aussitôt refusée: la proposition du patron du PS Olivier Faure d'une primaire en deux temps pour désigner le candidat non mélenchoniste à la présidentielle fait pschitt, rejetée par des opposants en interne et Raphaël Glucksmann.
Le Premier secrétaire, qui plaide pour une candidature unique de la gauche non mélenchoniste pour 2027 afin de contrer l'extrême droite, est l'un des artisans de la primaire "de la gauche et des Ecologistes" lancée en juillet 2025, avec Marine Tondelier, déjà déclarée candidate à ce processus, tout comme les députés Clémentine Autain (L'Après), François Ruffin (Debout!) et Benjamin Lucas-Lundy (Génération.s). Tous soulignent qu'une majorité d'électeurs de gauche réclament un tel dispositif.
Mais face à l'hostilité d'une partie de la gauche, et notamment du leader de Place publique Raphaël Glucksmann, pas encore officiellement candidat à la présidentielle mais l'un des mieux placés dans les intentions de vote, le patron du PS cherche la bonne formule pour convaincre.
Il a donc proposé un processus de désignation en deux temps.
D'abord une première primaire de l'arc social-démocrate, globalement entre les candidats membres du Parti socialiste et Raphaël Glucksmann, qui s'est donné jusqu'en septembre pour se déclarer.
Le vainqueur de ce premier round, fort de la légitimité du camp social-démocrate, s'engagerait ensuite à participer à une seconde, ouverte au "reste de la gauche démocratique et écologique".
Olivier Faure, qui fait face à de fortes divisions en interne, a présenté cette solution à des membres de son courant mardi soir. Il a aussi annoncé son intention de faire trancher les militants socialistes, très probablement le 9 juillet, sur le processus choisi pour 2027, un vote qui pourrait entériner l'idée d'une primaire simple ou double.
En attendant, l'idée d'un processus en deux temps se heurte à un front de refus.
"Depuis un an, nous disons que nous sommes contre la primaire, ça n'est pas pour finir avec deux !", a ironisé mercredi à l'AFP l'entourage de Raphaël Glucksmann, qui refuse "un mécanisme qui nous enferme dans un entre-soi de la gauche".
L'ancien président François Hollande, qui plaide lui pour une désignation d'un candidat de la gauche réformiste -réunissant le PS, Raphaël Glucksmann et l'ancien ministre Bernard Cazeneuve- à la fin de l'année, et "se prépare" à un retour, a également jugé que l'idée d'Olivier Faure avait "peu de chance d'aboutir". "Tous ceux qui sont hostiles à la primaire de la gauche ne peuvent pas accepter une double primaire", a-t-il remarqué en petit comité.
- rendez-vous le 9 juillet -
Du côté du chef des députés socialiste Boris Vallaud, devenu le principal opposant d'Olivier Faure et hostile à la primaire de la gauche et des Ecologistes, qu'il juge contre-productive et trop étriquée, on dénonce "un truc sorti du chapeau dans la presse sans jamais avoir été abordé en interne ou dans aucune réunion avant". Une accusation démentie par l'entourage d'Olivier Faure.
Même chez les Ecologistes, on regarde la situation avec perplexité: "ils font ce qu'ils veulent chez eux", note un cadre vert. "Pour moi c'est une désignation interne qui mène à une primaire. On ne sort pas du problème" de ceux qui refusent un tel mode de désignation.
L'hostilité de Raphaël Glucksmann interroge l'entourage d'Olivier Faure. "Quelle est le sens de sa candidature à l'Elysée, s'il a peur de la primaire social-démocrate", souligne un député. Sa participation à un tel processus est "la condition pour avoir le soutien du PS", estime-t-il.
Cette proposition permettait de lui donner "des chances plus élevées de gagner ensuite la primaire de la gauche", remarque-t-il, estimant que la position arcboutée de l'eurodéputé, "ne tient que s'il fait une percée dans les sondages" et plie le match à gauche, ce qui n'est pas encore le cas.
On saura le 9 juillet à qui les militants donneront raison.