Présidentielle : en visite en Bretagne, Attal appelle à un "choc des salaires" information fournie par AFP 23/07/2026 à 16:15
Vantant la valeur travail, Gabriel Attal a plaidé jeudi pour des hausses de salaires et des économies sur les dépenses sociales, au premier jour d'une visite en Bretagne qui lance sa campagne estivale pour la présidentielle.
"On a un écart entre le net et le brut qui est trop important, c'est quasiment un scandale national", a déclaré à Landerneau (Finistère) l'ancien Premier ministre, lors d'une visite de l'exposition Warhol au Fonds Leclerc pour la culture, en compagnie de Michel-Edouard Leclerc, le président du groupe de grande distribution.
Alors que les prix à la pompe des carburants flambent dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, Gabriel Attal a affirmé craindre "un nouveau mouvement des gilets jaunes" si la question des rémunérations n'était pas réglée.
"On doit tout faire pour permettre aux salaires d'augmenter (...) en faisant des économies sur notre dépense sociale, en repensant le financement de notre modèle de protection sociale", a développé le patron du parti Renaissance.
Il promet l'équivalent d'un treizième mois pour les Français "de la classe moyenne qui travaillent", soit 250 euros de plus par mois pour un salarié qui touche 2.200 euros net par mois.
"Pas de tabou"
Sans apporter de soutien officiel à Gabriel Attal, M. Leclerc a salué "l'esprit d'ouverture" d'un candidat qui n'a "pas de tabou pour scénariser toutes les solutions de manière pragmatique". "Il a cette énergie, il a cette envie" et "fait partie de ces personnages qui se révèlent" face aux difficultés, a poursuivi le chef d'entreprise.
Arrivé en avion de Paris, l'ancien Premier ministre avait d'abord été accueilli à la criée de Brest par une poignée de militants et d'élus, avant de déambuler au milieu des bacs de lotte, de langoustes et de raies.
"Qu'est-ce qu'on peut faire pour aider la filière?", a interrogé le candidat.
Un représentant des goémoniers bretons, Yvon Troadec, l'a interpellé sur les difficultés de la profession, confrontée aux effets du réchauffement climatique, qui plombe la récolte d'algues. "Je n'ai aucune illusion" d'avoir été entendu, a pourtant confié le pêcheur à l'AFP.
Sur les quais du port, M. Attal a vanté "l'identité extrêmement forte", "heureuse" et "conquérante" de la Bretagne. "C'était important pour moi d'être ici (...) pour aller aussi à la rencontre des Français qui travaillent, y compris en plein été", a-t-il ajouté.
Gabriel Attal ne relâche pas le rythme de sa campagne présidentielle pendant l'été. Il "continue à accélérer, il en a plus envie que les autres. Il trace sa route, fort et vite", assure son entourage. Mais il reste pour l'instant distancé dans les sondages par son concurrent Edouard Philippe, candidat d'Horizons.
"Déparisianier la France"
En Bretagne, M. Attal doit aussi se rendre aux fêtes maritimes de Douarnenez, tenir une réunion publique à Lorient, pour finir par un passage samedi sur l'île aux Moines, où il passait ses vacances en famille.
Edouard Philippe s'est aussi rendu dans l'ouest de la France samedi, du marché de Guérande à la plage de La Baule en Loire-Atlantique, pour évoquer l'érosion côtière ou la question du tourisme.
Alors que les candidatures des deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron font craindre un effacement du centre et de la droite au second tour de la présidentielle, Gabriel Attal estime dans un entretien au quotidien régional Le Télégramme qu'il "faut d'abord une campagne et, ensuite, un vrai rassemblement", promis pour "début 2027".
Celui qui a pris ses distances avec Emmanuel Macron défend son "ADN singulier" et considère au passage qu'"on n'a pas été assez loin" sur l'adaptation au changement climatique.
"Il faut déparisianiser la France", a-t-il aussi répété jeudi, estimant que "l'État a voulu gérer trop de choses pendant trop longtemps".