Près de 2.500 actes anti-religieux en 2025, pour plus de moitié antisémites information fournie par AFP 12/02/2026 à 17:59
Le nombre d’actes antireligieux s’est maintenu en 2025 "à un niveau similaire" à celui de 2024, avec un total de 2.489 faits recensés, dont plus de la moitié étaient des actes antisémites, a annoncé jeudi le ministère de l'Intérieur.
Les actes antisémites ont diminué de 16% à 1.320, ce qui reste "un niveau historiquement élevé", tandis que les actes antimusulmans ont bondi de 88% à 326. Un total de 843 actes antichrétiens ont été recensés, soit une hausse de 9%, précise le ministère dans un communiqué.
Dans ce contexte le ministère affirme qu'il sera "pleinement engagé" pour organiser des "assises nationales et territoriales de lutte contre les actes antireligieux", annoncées par le président de la République lors de ses voeux aux cultes en janvier.
Aucune date n'a été précisée pour ces assises.
Le ministère note que depuis 25 ans, les actes antisémites "n'ont jamais été aussi élevés que pendant les trois dernières années", dans un contexte de forte hausse à la suite de l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Entre 2023 et 2024, ces actes avaient été multipliés par quatre.
Au total, les actes antisémites ont compté pour 53% de l’ensemble des faits antireligieux, alors même que les Français juifs, estimés entre 450.000 et 500.000, représentent moins de 1% de la population du pays.
Au cours d'une année marquée par l'agression du rabbin Arié Engelberg à Orléans en mars et du rabbin Elie Lemmel en juin à Deauville et Neuilly-sur-Seine, les personnes sont restées la cible principale des actes antisémites, représentant les deux-tiers (67%) des faits recensés.
"On a aujourd'hui un antisémitisme qui a été libéré par le 7-Octobre et qui ne se rétracte pas", a affirmé à l'AFP Yonathan Arfi, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).
De son côté le Service de Protection de la communauté Juive (SPCJ) fait état d'une "rhétorique anti-israélienne" apparaissant dans "près d’un tiers des actes recensés".
Une "dynamique préoccupante" s’installe selon le SPCJ dans la vie professionnelle et sociale, avec une "multiplication de signalements de refus de service, refus de contrat, exclusions ou entraves d’accès à certains biens et services..."
La sphère publique est le premier lieu touché (31% des faits), suivi de la voie publique (18%) et des lieux publics (14%), précise le SPCJ.
- absence de plaintes -
En ce qui concerne les actes anti-musulmans, le chiffre de 326 "ne m'étonne pas du tout", a affirmé à l'AFP Najat Benali, présidente de la Coordination des associations musulmanes de Paris et rectrice de la mosquée de Javel.
Mais "il est sans doute sous-dimensionné car l'immense majorité des victimes ne portent pas plainte", a-t-elle ajouté.
Les actes antimusulmans sont eux aussi composés majoritairement (64%) d'agressions physiques, verbales et de haine en ligne.
"On est dans un contexte de dérapage médiatique et politique avec une multiplication des propos islamophobes et racistes", a ajouté Mme Benali, disant sa "peur que cela s'aggrave" à l'approche des élections législatives et présidentielle de 2027.
L'année 2025 a été marquée par l'assassinat d'Aboubakar Cissé dans la Gard et d'Hichem Miraoui dans le Var.
"Ces faits doivent être pleinement reconnus dans la mémoire collective et dans l’action publique, avec la même clarté et la même compassion que pour toute autre victime de la haine religieuse", a de son côté affirmé le recteur de la Grande mosquée de Paris Chems-eddine Hafiz.
Pour les actes antichrétiens, il s'agit à 87% d'atteintes aux biens.
"Nous regrettons et nous déplorons cette augmentation (...) même si ces actes ne sont pas toujours motivés par un rejet de la foi chrétienne", affirme la Conférence des évêques de France (CEF).
Les agressions, physiques, verbales ou de haine en ligne, ont toutefois augmenté de 70% en 2025, une année marquée par l'assassinat d'Ashur Sarnaya, chrétien d'Orient dans le Rhône, le 10 septembre 2025, souligne l'Intérieur.
L'année 2026 marque les 10 ans de l'assassinat du père Hamel dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime).