Près de 1.500 disparus au Népal et en Chine après les crues soudaines information fournie par Reuters 27/08/2026 à 09:43
(Actualisé avec nouvelles données, hypothèse sur la cause de la catastrophe, graphique)
par Gopal Sharma, Navesh Chitrakar et Navesh Chitrakar
Près de 1.500 personnes, dont plus de 700 ressortissants étrangers, sont portées disparues après qu'un glissement de terre composé de boue et de roches s'est déversé mercredi dans une rivière de l'Himalaya, provoquant des crues soudaines à la frontière entre le Népal et le Tibet chinois.
Des hélicoptères ont été mobilisés au Népal afin d'aider les secouristes dans les opérations de recherche et d'acheminer une aide d'urgence aux milliers de personnes coupées du monde après le désastre. La police a dit s'attendre à voir le bilan s'alourdir, alors qu'on déplore déjà 165 morts.
"(Le bilan) va s'alourdir. Alors que les recherches reprennent de nouveaux corps devraient être retrouvés", a dit à Reuters le porte-parole de la police Abi Narayan Kafle.
D'après le dernier décompte annoncé jeudi par les autorités, le nombre de personnes portées disparues au Népal s'établit à 826, dont près de 500 ressortissants étrangers, dont 177 Indiens, 63 Américains, 34 Australiens, 33 Britanniques et 25 Canadiens.
De son côté, la chaîne de télévision publique chinoise CCTV a rapporté que de 558 personnes, dont 260 ressortissants étrangers, étaient portées disparues après la coulée de boue survenue dans la région tibétaine de Gyirong.
Selon des experts s'appuyant sur des images satellites fournies par Planet Labs,la catastrophe a peut-être été provoquée par la rupture de la partie inférieure d'un glacier, qui se serait ensuite écrasée sur le fond de la vallée, plusieurs centaines de mètres plus bas.
La cause de l'effondrement de glacier n'est pas connue à ce stade, même si les autorités népalaises ont évoqué la possibilité d'un tremblement de terre dans la région.
L'U.S. Geological Survey a précisé par la suite que la secousse signalée était en réalité le résultat de l'énergie sismique générée par l'effondrement de roches et de glace glaciaires, suivi d'une coulée de débris.
Des vidéos vérifiées par Reuters montrent des dizaines de personnes emportées par les eaux à la frontière. Des maisons, des routes et des installations électriques ont été emportées.
"Un énorme flot de boue s'est déversé sur nous", a dit Keshav Prasad Baral, un survivant de 68 ans qui a été transporté à l'hôpital pour y être soigné.
"Alors (que le flot de boue) approchait, il s'enflait de plus en plus. Lorsque je l'ai vu enter dans ma maison, j'ai tenté de prendre la main de ma femme et de l'emmener sur la terrasse, mais elle a été emportée par la boue."
Un hélicoptère l'a transporté à l'abri quelques heures plus tard.
"Ma femme est toujours quelque part sous la boue", a dit Keshav Prasad Baral. "Elle n'est plus."
Dans les régions les plus durement touchées, des tentes, de la nourriture et d'autres produits de première nécessité, fournis par l'Inde, sont distribués aux habitants depuis des hélicoptères, a dit un porte-parole de l'armée népalaise.
Plus de 5.000 militaires et policiers ont été mobilisés pour participer aux opérations de secours et de recherches.
Le département d'Etat américain a annoncé qu'il allait fournir une assistance d'un mondant de 500.000 dollars après la catastrophe.
Les Nations unies et ses partenaires envoient de l'aide et du personnel afin d'aider les communautés népalaises affectées par le désastre, a dit le secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres.
(avec Aftab Ahmed, Liz Lee, Yukun Zhang, Xiuhao Chen, Shi Bu, Sakshi Dayal, Kanjyik Ghosh, Jatindra Dash and Christine Chen; version française Camille Raynaud et Benoît Van Overstraeten, édité par Jean-Stéphane Brosse)