"Prédateurs" : deux députées LFI s'invitent chez plusieurs fonds d'investissement à Paris information fournie par Boursorama avec Media Services 12/05/2026 à 09:52
"Vous ne pouvez pas sortir un rendement à 15 ou 20% sans faire du mal", ont dénoncé les parlementaires, selon qui ces gains "se font sur la valeur créée par les travailleurs".
Dénonçant des "prédateurs" qui "pillent les entreprises" et s'accaparent "la valeur créée par les travailleurs", la rapporteure de la commission d'enquête sur l'influence des fonds d'investissement sur l'industrie française Aurélie Trouvé, et sa collègue Élisa Martin, ont visité lundi 11 mai les locauxs de plusieurs de ces acteurs financiers.
Le fonds allemand de retournement Mutares, aux méthodes souvent contestées par les organisations syndicales, le géant américain Apollo, le Français coté en Bourse Tikehau... Les deux députées La France Insoumise (LFI), accompagnées de collaborateurs parlementaires et de journalistes de France Inter et de l' AFP , ont visité plusieurs institutions financières dans les beaux quartiers parisiens. Les parlementaires ont déjà auditionné les dirigeants de ces fonds, dans le cadre d'une commission d'enquête sur la "prédation des capacités productives par les fonds spéculatifs" , qui doit rendre ses conclusions à l'été.
Mais en se rendant dans leurs locaux parisiens, Aurélie Trouvé entend mettre en exergue l'influence de ces fonds dans l'économie française, des "prédateurs" qu'elle accuse de "piller les entreprises" qui passent sous leur contrôle pour assurer aux institutions ou particuliers qui leur confient leur argent des rendements à deux chiffres.
"Pression" pour maximiser les remontées d'argent
"Vous ne pouvez pas sortir un rendement à 15 ou 20% sans faire du mal" , estime la parlementaire, s'appuyant notamment sur des témoignages de salariés. Les fonds sont accusés de faire "pression" pour maximiser les remontées d'argent, au détriment parfois de la santé des entreprises.
"Ces 15% servis aux grandes fortunes se font sur la valeur créée par les travailleurs", accuse la parlementaire à la sortie des locaux d'un des fonds visités, où les médias présents n'ont pas été autorisés à entrer.
Les parlementaires ont en revanche pu accéder à l'ensemble des bureaux qu'elles souhaitaient visiter, après quelques recherches pour trouver le bon étage ou le bon interphone. Seule exception, les locaux parisiens du géant américain Apollo, qui a récemment acquis une partie des activités de l'équipementier automobile Forvia, ou le club de foot espagnol de l'Atletico Madrid. "Il n'y a personne, ils ne viennent qu'une fois par mois, ils sont plutôt au Luxembourg ou en Suisse", explique la réceptionniste aux parlementaires.
Dans les locaux parisiens du fonds suédois EQT, candidat malheureux en janvier au rachat d'antennes appartenant à Eutelsat, elles ont pu échanger avec un dirigeant qui leur a dit croire en la "transparence", mais a regretté les réactions véhémentes à son encontre sur les réseaux sociaux après son audition par la commission d'enquête.