"Précarité mobilité" : de plus en plus de Français limitent leurs déplacements pour des raisons financières, parfois jusqu'à devoir renoncer à un emploi
information fournie par Boursorama avec Media Services 17/09/2026 à 09:12

10% des personnes interrogées ont dû renoncer à un emploi ou à une formation dans les cinq dernières années, faute de pouvoir s'y rendre, ou parce que le prix du transport était trop élevé.

( AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN )

La part de Français dont les déplacements sont limités pour des raisons financières progresse, une situation qui peut pousser à renoncer à un emploi du fait d'impossibilité de déplacement ou en raison du prix des transports, indique une étude publiée jeudi 17 septembre.

En 2026, 17 millions de Français de plus de 18 ans sont en situation de "précarité mobilité", soit 37% de la population française majeure , alors qu'ils étaient 15 millions lors du précédent baromètre publié en 2024 et 13,3 millions en 2022, indique l'enquête bisannuelle de l'association Wimoov (groupe SOS).

Les personnes en "précarité mobilité" sont celles qui n'ont pas la liberté de se déplacer comme elles le souhaitent ou le doivent, ou qui doivent renoncer à se déplacer.

Réalisée par Ipsos BVA auprès de 13.400 personnes dans les treize régions de France hexagonale et en Corse, la nouvelle mouture de l'étude souligne que la mobilité est "devenue un facteur de précarité et aggrave les inégalités socio-économiques et territoriales" , selon l'association. "Les difficultés de mobilité ne sont plus seulement la conséquence de la fragilité économique des ménages, elles en deviennent également une cause directe" ajoute Wimoov.

Arbitrer entre mobilités, alimentation, énergie, chauffage ou santé

"Faute de pouvoir absorber la hausse du coût des carburants, les ménages modestes sont de plus en plus conduits à arbitrer entre mobilités, alimentation, énergie, chauffage ou santé -voire de renoncer à certains de ces besoins essentiels ".

Selon l'étude, 10% des personnes interrogées ont dû renoncer à un emploi ou à une formation dans les cinq dernières années, faute de pouvoir s'y rendre, ou parce que le prix du transport était trop élevé. Ce chiffre atteint 26% parmi les demandeurs d'emploi, 20% pour les habitants des quartiers populaires, et 22% chez les jeunes.

Globalement, les jeunes se disent satisfaits de leurs possibilités actuelles de mobilité (88%), mais près des trois quarts des 18-24 ans ont renoncé à un déplacement du quotidien au cours des cinq dernières années contre 40% en moyenne nationale.

36% d'entre eux ne détiennent pas le permis de conduire, principalement pour des raisons de coût, et 62% évitent fréquemment de se déplacer pour ne pas trop dépenser.

Le baromètre Wimoov, publié tous les deux ans est soutenu par le ministère des Transports, l'Agence de la transition écologique (Ademe), la SNCF, Keolis, la Macif et la fondation Mobivia.