Pouvoir d'achat : des députés veulent renforcer la taxation sur les gros héritages pour financer une hausse des salaires
information fournie par Boursorama avec Media Services 16/09/2026 à 14:15

( AFP / PHILIPPE HUGUEN )

Les députés socialistes veulent créer une CSG sur les héritages très élevés, avec pour objectif de rééquilibrer le financement du modèle social "entre les rentiers et les travailleurs", selon un document transmis à l'AFP.

Une proposition pour le pouvoir d'achat. Pour financer une hausse des salaires nets, les députés socialistes proposent de renforcer la taxation sur les gros héritages, dans le cadre de leurs propositions pour le budget 2027, qu'ils présentent ce mercredi 16 septembre à l'Assemblée nationale.

Cette hausse de salaires pour 21 millions de travailleurs gagnant jusqu'à 2.700 euros net par mois passerait par la mise en place d'une CSG progressive, et serait financée par la création d'une CSG sur les héritages très élevés, avec pour objectif de rééquilibrer le financement du modèle social "entre les rentiers et les travailleurs", selon un document transmis à l'AFP. Concrètement, pour une personne au Smic, le taux de CSG passerait de 9,2 % à 0,55 %, signifiant par exemple pour un célibataire sans enfant une hausse de 130 euros net par mois, tandis que pour un couple avec un enfant rémunéré chacun 2.000 € net par mois, le taux de CSG passerait de 9,2% à 1%, soit une hausse de 235 euros net par mois.

Ces baisses d'impôts seraient compensées par un nouveau système qui propose de taxer les héritages en fonction du total reçu par chaque héritier au cours de sa vie, plutôt que transmission par transmission. Ainsi, au-delà d'un certain montant, les plus gros héritiers seraient davantage taxés. Serait aussi mise en place une CSG progressive sur les revenus d'activité. Les députés proposent par ailleurs - comme le parti dans son projet - d'augmenter le Smic à 1.700 euros net.

22 milliards d'euros de dépenses nouvelles

En tout, les députés socialistes proposent 39,5 milliards d'euros de recettes fiscales nouvelles, 10 milliards dégagés par cette nouvelle imposition sur les hauts héritages, 15 milliards par la taxe Zucman, qui devrait faire son retour dans le débat budgétaire après avoir été au cœur des discussions l'an dernier, ainsi qu'une taxe sur les géants du numérique, pour 10 milliards également.

En miroir, ils proposent cette hausse du pouvoir d'achat des travailleurs, mais aussi 22 milliards d'euros de dépenses nouvelles, notamment 10 milliards d'euros pour lutter contre le réchauffement climatique et l'adaptation à ses conséquences, 5 milliards pour la santé, ou encore 3 milliards d'euros pour financer la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles sur les femmes et les enfants, examinée en cette rentrée parlementaire à l'Assemblée nationale. Ils prévoient de dégager 17,5 milliards d'euros grâce à des mesures d'économies et de lutte contre la fraude (niches fiscales, économies sur le fonctionnement de l'Etat, ré-organisation du système de santé, prévention en santé, etc.)

Les députés estiment avec leurs propositions de budget la réduction du déficit en 2027 à 24 milliards d'euros, soit une réduction de 0,8 point de PIB.