Poutine s'entretient de la situation en Iran avec Pezeshkian, Netanyahu information fournie par Reuters 16/01/2026 à 15:16
(Actualisé avec compte rendu de l’appel avec Pezeshkian, déclaration de l'OCS)
Le président russe Vladimir Poutine s'est entretenu vendredi séparément au téléphone de la situation en Iran avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a déclaré le Kremlin, ajoutant que Moscou était prêt à jouer les médiateurs dans la région.
Le vaste mouvement de contestation politique et sociale qui a ébranlé la République islamique ces dernières semaines semble avoir été réduit au silence par une répression sanglante, selon des habitants iraniens et des organisations de défense des droits de l'Homme.
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi que les "tueries" avaient pris fin tout en continuant de laisser ouverte la possibilité d'une intervention militaire américaine en Iran en soutien des manifestants.
Lors de leur conversation, Vladimir Poutine et Massoud Pezeshkian ont appelé à une rapide désescalade des tensions régionales, a rapporté le Kremlin. La Russie et l'Iran entretiennent des liens étroits et ont signé l'an dernier un partenariat stratégique de vingt ans.
"Il a été noté que la Russie et l'Iran soutiennent unanimement et constamment une désescalade des tensions – tant autour de l'Iran que dans l'ensemble de la région – dans les meilleurs délais et un règlement de tout problème émergent par des moyens exclusivement politiques et diplomatiques", a déclaré le Kremlin.
Vladimir Poutine et Massoud Pezeshkian ont également confirmé leur engagement envers leur partenariat stratégique et la mise en œuvre de projets économiques communs.
A Benjamin Netanyahu, Vladimir Poutine a présenté des propositions pour renforcer la stabilité au Proche-Orient et affirmé la volonté de la Russie de "poursuivre ses efforts de médiation et promouvoir un dialogue constructif avec la participation de toutes les parties intéressées".
La perte de l'allié iranien serait une source de grave préoccupation pour la Russie, treize mois après la chute d'un autre allié clé dans la région, le président syrien Bachar al Assad et quelques jours après la capture du président du Venezuela Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines.
Prié de dire quel soutien apportait la Russie à l'Iran, le porte-parole du Kremlin a déclaré que "la Russie fournit déjà une aide non seulement à l'Iran mais aussi à toute la région, et à la cause de la stabilité et la paix régionales".
SANCTIONS OCCIDENTALES
L'Organisation de coopération de Shanghai (OSC), qui comprend notamment la Russie, la Chine, l'Inde et l'Iran, a dit s'opposer à toute ingérence extérieure en Iran et estime que les sanctions occidentales ont créé des conditions propices aux troubles.
"Les sanctions unilatérales ont eu un impact négatif important sur la stabilité économique de l'État, ont entraîné une détérioration des conditions de vie de la population et ont objectivement limité la capacité du gouvernement de la République islamique d'Iran à mettre en œuvre des mesures visant à assurer le développement socio-économique du pays", a déclaré l'OCS dans un communiqué.
Les pays occidentaux accusent l'Iran de poursuivre un programme clandestin de développement d'armes nucléaires, ce que Téhéran dément. La Russie affirme soutenir le droit de l'Iran à l'énergie nucléaire à des fins pacifiques.
(Avec Dmitry Antonov, Ksenia Orlova et Lucy Papachristou, Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Kate Entringer et Blandine Hénault)