Poutine perd "son cheval de Troie" dans l'UE : le Quai d'Orsay réagit à la défaite de Viktor Orban
information fournie par Boursorama avec Media Services 14/04/2026 à 13:52

Vainqueur sans appel des élections en Hongrie, Peter Magyar a promis un "changement complet de régime" pour tourner la page de l'ère Orban, dont le positionnement pro-russe avait tendu les relations avec le reste du bloc européen.

Jean-Noël Barrot à Cernay-la-Ville, le 27 mars 2026 ( AFP / ALAIN JOCARD )

Avec la lourde défaite de Viktor Orban lors des élections en Hongrie, Vladimir Poutine "perd son cheval de Troie dans l'Union européenne", juge le ministre français des Affaires étrangères, appelant notamment son successeur Peter Magyar à lever le véto hongrois à l'aide à l'Ukraine.

"C'est une défaite pour Viktor Orban, c'est une défaite aussi pour un certain nombre de ses soutiens de l'internationale réactionnaire au premier rang desquels Vladimir Poutine qui perd son cheval de Troie dans l'Union européenne" a déclaré Jean-Noël Barrot sur la radio RFI , mardi 14 avril. "Ce que nous attendons" de son successeur Peter Magyar, "c'est de faire ce qu'il a dit, de reconstruire un certain nombre de piliers de l'Etat de droit que Viktor Orban avait démantelé, d'amener la Hongrie à retrouver sa place dans le concert des nations européennes de lever un certain nombre de vétos sans aucune justification" , a ajouté le ministre.

"S'agissant plus particulièrement de notre soutien à l'Ukraine, la politique qu'il (Viktor Orban) menait constituait une entrave dont il est heureux qu'elle puisse être levée", a-t-il ajouté, en référence aux vétos réguliers que le dirigeant Hongrois opposait aux initiatives de l'UE pour aider ce pays envahi par la Russie.

Pas de virage pro-Ukraine en vue pour autant

Depuis son retour à la tête du gouvernement en 2010, Viktor Orban a multiplié les passes d'armes avec la Commission européenne, qui lui reprochait de ne plus respecter les traités signés par la Hongrie au moment de son adhésion en 2004. Cette dérive sapant les contre-pouvoirs et les libertés individuelles avait pris une nouvelle dimension depuis que Budapest bloque la politique commune pour aider l'Ukraine à la suite de son invasion par la Russie en 2022.

Conservateur pro-européen, Peter Magyar ne défend pas pour autant une ligne pro-Ukraine, jugeant par exemple "exclu" le scénario d'une adhésion ukrainienne accélérée à l'Union européenne. Il se montre toutefois prêt à renouer des liens apaisés avec Bruxelles, après les tensions de la période Orban qui maniait régulièrement son droit de veto pour bloquer les politiques européennes, dont fin mars contre un prêt de 90 milliards d'euros à Kiev.

La Hongrie entretient de bonnes relations avec des puissances qui veulent fragiliser le bloc, comme les Etats-Unis de Donald Trump, la Chine et la Russie, à laquelle elle continue d'acheter des hydrocarbures. Concernant Moscou, des médias ont publié des extraits de conversations téléphoniques démontrant le soutien que le ministre hongrois sortant des Affaires étrangères Peter Szijjarto apportait à son homologue russe, Sergueï Lavrov, quand il siège à Bruxelles.