Poutine campe sur ses positions sur l'Ukraine, voit les propositions de Trump comme positives
information fournie par Reuters 04/06/2026 à 23:52

par Mark Bendeich

Le président russe Vladimir Poutine a campé jeudi sur ses positions à l'égard de la guerre en Ukraine, assurant que l'armée russe gagnait quotidiennement du terrain, tout en déclarant que les propositions formulées par son homologue américain Donald Trump pourraient permettre de trouver une issue au conflit à condition que Kyiv soit disposé à des compromis.

Il s'exprimait devant un groupe de journalistes de médias étrangers, dont Reuters, en marge du forum économique de Saint-Pétersbourg, considéré comme le "Davos russe".

En parallèle, le président ukrainien Volodimir Zelensky a publié une lettre ouverte adressée à Vladimir Poutine dans laquelle il propose une rencontre entre les deux dirigeants afin de s'accorder sur une issue au conflit, déclenché par l'invasion russe de l'Ukraine et entré dans sa cinquième année.

Kyiv est prêt, dans le cas contraire, à continuer de se battre, a-t-il ajouté dans la lettre. Le Kremlin a déclaré que Vladimir Poutine avait été informé du message mais n'avait pas encore pu consulter en détails le document.

A Washington, s'exprimant devant les journalistes à la Maison blanche, Donald Trump a déclaré qu'il serait bon que ses homologues russe et ukrainien se rencontrent.

Jadis convaincu que l'"opération militaire spéciale" - selon la formule utilisée par Moscou - lancée en février 2022 lui permettrait de remporter une victoire rapide en Ukraine, Vladimir Poutine a déclaré jeudi que les effectifs, les ressources industrielles et la force de caractère étaient du côté de la Russie.

Il a revendiqué que les troupes russes ont "récemment" chassé l'armée ukrainienne de près de 2.500 km de territoire, même s'il a admis que les défenses aériennes devaient être renforcées pour faire face à la menace accrue représentée par les drones ukrainiens. Certains analystes militaires occidentaux et ukrainiens considèrent toutefois que les progrès de l'armée russe ont été lents et qu'il reste beaucoup de chemin à accomplir pour que Moscou atteigne ses objectifs annoncés.

LE DONBASS PARMI LES "COMPROMIS"

Reste que le chef du Kremlin a adopté un ton confiant, déclarant que l'armée russe avait "pris le contrôle total de la république de Louhansk - à 100%". "Et la Russie a pris sous son contrôle plus de 85% du territoire de la république populaire de Donetsk", ainsi que "80% de la région de Zaporijjia", a-t-il ajouté, citant trois des quatre régions ukrainiennes que Moscou revendiquent comme siennes - ce que rejettent Kyiv et ses alliés européens.

"Evidemment, dans ces circonstances, le camp ukrainien voudrait que nous arrêtions notre progression. Mais il serait plutôt préférable de mettre fin à cette guerre, tout simplement, en acceptant les compromis qui ont été discutés à Anchorage", a dit Vladimir Poutine, en référence au sommet en Alaska lors duquel il a été reçu seul par Donald Trump en août dernier.

Cela semble une manière pour le président russe de réaffirmer sa demande que Kyiv retire ses troupes de la région du Donbass, dans l'Est ukrainien, pour la céder complètement à Moscou. Volodimir Zelensky a répété par le passé son opposition à toute concession territoriale.

Vladimir Poutine a insisté à nouveau au cours de cet entretien sur la nécessité que l'Ukraine effectue des compromis, ajoutant qu'il serait peut-être opportun, désormais, que l'Union européenne use de son influence pour pousser Kyiv au dialogue, le président russe notant que Donald Trump est occupé par la guerre en Iran.

Dans sa lettre ouverte, Volodimir Zelensky a toutefois clairement exprimé qu'il incombait à Vladimir Poutine de faire le bon choix et de prendre la décision de mettre fin à la guerre, disant penser que les Russes étaient lassés des attaques ukrainiennes de missiles et de drones, de la hausse des prix et de la pénurie de carburant.

(Vladimir Soldatkin, Dmitry Antonov, Anastasia Lyrchikova, Darya Korsunskaya, Maxim Rodionov, Gleb Stolyarov et Ron Popeski; version française Jean Terzian)