Pourparlers directs en vue entre Israël et le Liban, selon Haaretz
information fournie par Reuters 14/03/2026 à 19:58

par Maayan Lubell et Nazih Osseiran

Israël et le Liban devraient mener des pourparlers directs dans les prochains jours, a rapporté samedi le quotidien israélien Haaretz, ce qui constituerait une étape majeure dans les relations entre les deux Etats, malmenées par le conflit en cours entre l'Etat hébreu et le Hezbollah pro-iranien.

Trois responsables libanais ont déclaré que Beyrouth composait une délégation mais qu'aucune date n'avait encore été fixée. L'un des responsables interrogés a déclaré que la partie libanaise attendait des éclaircissements quant à la position d'Israël vis-à-vis d'un préalable aux discussions posé par le président Joseph Aoun, à savoir un cessez-le-feu total permettant l'ouverture de négociations.

Joseph Aoun s'est déclaré disposé, cette semaine, à un dialogue direct avec Israël, que le Liban n'a jamais reconnu comme Etat.

Le gouvernement israélien n'a pas commenté l'article de Haaretz, selon lequel Jared Kushner, gendre et émissaire de Donald Trump, participerait à ces pourparlers qui pourraient avoir lieu à Paris ou Chypre.

Dans un message publié samedi matin sur X, le président français Emmanuel Macron a déclaré que la France était prête à accueillir ces discussions, appelant Israël à "saisir cette opportunité".

Selon une source libanaise de haut rang, des délégués druzes, musulmans sunnites et chrétiens ont été choisis par Beyrouth mais le président du Parlement Nabih Berri, allié chiite du Hezbollah, a écarté toute participation de la communauté chiite. Nabih Berri estime qu'Israël n'offrira rien à la délégation libanaise, selon cette source proche du chef du Mouvement Amal.

Le Hezbollah, qui a plongé le Liban à nouveau dans la guerre en attaquant Israël le 2 mars dernier, en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors des premières frappes israéliennes et américaines sur l'Iran le 28 février, a déclaré vendredi qu'il était préparé pour une longue confrontation.

Toute solution politique passerait par l'arrêt des bombardements israéliens sur le Liban, par le retrait des troupes israéliennes du territoire libanais et par la libération de prisonniers, a déclaré le chef de l'organisation chiite, Naim Qassem.

Le gouvernement libanais, qui s'efforce depuis des mois de désarmer le Hezbollah, a tenté sans succès d'interdire toute activité militaire au groupe chiite depuis la reprise de ses affrontements avec Israël.

(Jean-Stéphane Brosse pour la version française)