Pour Mélenchon, le caractère terroriste du 7-Octobre peut être questionné
information fournie par AFP 26/06/2026 à 17:04

Jean-Luc Mélenchon le 23 juin 2026, à Paris ( AFP / Alain JOCARD )

Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a estimé possible de questionner le caractère terroriste des massacres du 7-Octobre, lors d'une intervention en soutien au militant d'extrême gauche Anasse Kazib, qui devait être jugé jeudi à Paris pour apologie du terrorisme pour avoir célébré la "résistance palestinienne" le jour de l'attaque sanglante du Hamas en Israël.

S'exprimant lors d'un rassemblement de soutien organisé devant le tribunal de Paris, Jean-Luc Mélenchon a fait un long développement pour contester l'inscription dans le droit pénal de la notion "d'apologie du terrorisme" décidée pendant le quinquennat Hollande.

Cela "peut faire croire qu'en effet, il y aurait parmi nous des gens qui se réjouiraient du terrorisme, à supposer que les actes dont on parle soient bien du terrorisme", a déclaré le candidat à la présidentielle dans cette intervention filmée et mise en ligne sur le site Révolution permanente, l'organisation d'Anasse Kazib.

"Car la question de la forme de la résistance que l'on oppose à une oppression et à une occupation, quel que soit l'avis qu'on puisse avoir entre nous et chacun pour soi, est une affaire qui se discute parce que le droit international sur ce point permet que cela soit discuté", a-t-il ajouté.

Le 7 octobre 2023, LFI avait créé la polémique en assimilant les attaques du Hamas à une "offensive armée de forces palestiniennes", en ne soulignant pas leur caractère terroriste et en jugeant qu'il fallait les "contextualiser".

LFI avait dans les mois suivants tempéré sa position mais fait de la défense des Palestiniens un de ses principaux thèmes politiques, en réaction à la l'offensive menée par Israël à Gaza.

Dans sa déclaration jeudi, Jean-Luc Mélenchon a affirmé que les Insoumis "ont toujours refusé de suivre les caractérisations qui nous étaient suggérées lorsque nous étions interrogés, par respect pour cette possibilité que le droit ouvre".

"Ce qui n'a jamais voulu dire que nous approuvons telle ou telle méthode de combat, notamment lorsqu'elle implique des civils qui sont sans défense", a-t-il poursuivi.

"Mais la question n'est pas là. La question est la volonté de briser les gens les uns après les autre" par ces procès, a-t-il défendu.

Le procès d'Anasse Kazib a finalement été renvoyé. A l'origine de sa convocation, une plainte déposée en janvier 2024 par une association, Jeunesse française juive, qui visait aussi une quarantaine de personnalités, dont Jean-Luc Mélenchon.

On reproche au militant trois retweets le 7-Octobre 2023 ("vive la résistance palestinienne"; "Offensive surprise contre l'Etat colonialiste d'Israël. Soutien à la résistance palestinienne !"...) et un tweet, en réponse à une condamnation de l'attaque par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ("ils se tiennent au côté du boucher").