Portugal-Le socialiste Seguro en position de force pour le second tour de la présidentielle information fournie par Reuters 04/02/2026 à 13:12
Le socialiste Antonio José Seguro, qui a réalisé une percée au premier tour de la présidentielle au Portugal le 18 janvier, paraît en position de force pour l'emporter dimanche face au dirigeant du parti d'extrême droite Chega, André Ventura.
Un sondage publié mardi soir par le média portugais RTP crédite le candidat de centre-gauche de 67% des intentions de vote pour le second tour contre 33% pour le candidat populiste de Chega ("ça suffit").
L'enquête a été réalisée du 29 janvier au 2 février auprès de 1.601 personnes et présente une marge d'erreur de 2,4%.
Depuis "la Révolution des oeillets" qui a mis fin à la dictature salazariste en 1974, un second tour présidentiel n'a eu lieu qu'une seule fois au Portugal, en 1986.
Le scrutin de 2026, avec 11 candidats en lice au premier tour, souligne la fragmentation politique et la frustration des électeurs à l'égard des partis traditionnels dans un contexte de montée de l'extrême droite.
Si la présidence portugaise est avant tout une fonction honorifique, celle-ci joue toutefois un rôle de médiation politique dans un pays divisé. Le chef de l'Etat détient en outre un pouvoir de veto sur les lois et de destitution du gouvernement.
Le second tour de dimanche vise à trouver un successeur au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, depuis dix ans à la tête de l'Etat portugais.
Antonio José Seguro, 63 ans, a déclaré qu'il serait un président modéré et fédérateur, étranger aux intérêts partisans, et qu'il n'agirait pas comme un "Premier ministre fantôme", refusant de s'immiscer dans la politique du gouvernement. Il a recueilli 31,1% des suffrages au premier tour.
À l'inverse, André Ventura, 43 ans, a averti qu'il serait un "président interventionniste", s'engageant à lutter contre des décennies de corruption des grands partis et à défendre une politique anti-immigration forte.
Le dirigeant de Chega, qui a obtenu 23,5% des voix au premier tour, est critiqué pour ses propos jugés racistes à l'égard de la communauté rom et des migrants asiatiques. Ses opposants affirment qu'il utilise l'élection présidentielle uniquement pour renforcer et étendre la présence de son parti dans le pays.
Fondé en avril 2019, le parti Chega est devenu en mai dernier la principale force d'opposition du pays après avoir remporté 22,8% des voix lors des élections législatives.
(Rédigé par Sergio Goncalves ; version française Coralie Lamarque ; édité par Sophie Louet)