POINT HEBDO-La visite de Trump en Chine, épicentre à venir des marchés information fournie par Reuters 08/05/2026 à 13:03
La diplomatie sera au coeur des marchés au cours de la semaine à venir alors que le président américain Donald Trump doit se rendre en Chine, tandis que son ministre des Finances, Scott Bessent, est attendu au Japon.
Sur le plan économique, le géant pétrolier Saudi Aramco
2222.SE doit publier ses résultats financiers dans un contexte de crise de l'énergie, tandis que les statistiques prévues sur les grands pays du globe pourraient permettre de mesurer l'ampleur de l'impact économique du conflit en cours au Moyen-Orient.
Tour d'horizon des perspectives de marchés dans les jours à venir:
1/ DONALD TRUMP ATTENDU À PÉKIN
Le président américain se rendra à Pékin les 14 et 15 mai, pour sa première visite en Chine depuis huit ans. Il tentera de consolider la trêve commerciale conclue avec Pékin en octobre en Corée du Sud afin d'éviter une reprise des hostilités sur les droits de douane, déclenchée lors du "Liberation Day" (Le Jour de la Libération) en avril 2025.
La question de Taïwan pourrait également être abordée lors de sa rencontre avec le président chinois Xi Jinping.
Le contexte est loin d'être calme. Les exportations chinoises sont en plein essor, l'excédent commercial de la Chine à la fin de 2025 représentant à peu près l'équivalent du poids de l'économie néerlandaise, tandis que l'activité dans l'industrie s'est accélérée depuis le début de la guerre en Iran, fin février, selon des enquêtes privées et officielles.
Les données sur le commerce, attendues ce week-end, devraient permettre de vérifier si la politique en matière de droits de douane mise en place par la Maison blanche est parvenue à entamer l'appétit des Américains pour les produits fabriqués en Chine.
2/ UNE SITUATION FRAGILE
Le premier exportateur mondial de pétrole brut, Saudi Aramco, doit publier dimanche ses résultats financiers au titre du premier trimestre.
Ces chiffres devraient refléter l'impact du conflit entre Washington et Téhéran, qui dure depuis plus de deux mois. Ce conflit a débouché sur un blocage de facto du détroit d'Ormuz, provoqué la fermeture d'une vingtaine de raffineries de pétrole dans la région, ainsi que le retrait du marché de millions de barils de brut, faisant grimper mécaniquement les prix du pétrole.
Les discussions pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont pour le moment été plutôt laborieuses, avec peu de progrès concrets. L'armée américaine et l'armée iranienne se sont accusées jeudi d'avoir enfreint la trêve annoncée un mois plus tôt, faisant craindre une reprise du conflit et ébranlant les espoirs de sa résolution par la diplomatie.
Washington dit cependant toujours attendre une réponse de Téhéran à une proposition prévoyant la fin des hostilités puis la négociation d'un accord plus large alors que de nombreuses questions, parmi les plus controversées, devraient rester en suspens.
3/ DES INDICATEURS SUR LES PRIX ET LA CONSOMMATION
La semaine à venir, riche en données, devrait donner une idée plus précise de l'ampleur de l'impact de la flambée des prix de l'énergie, provoquée par la guerre, sur l'inflation dans la première économie du monde. Ces indicateurs devraient également permettre de déterminer si les consommateurs ont perdu leur envie de dépenser.
L'indice CPI des prix à la consommation aux Etats-Unis, pour le mois d'avril, qui sera publié mardi, devrait afficher une hausse de 0,6% après un bond de 0,9% enregistré en mars, la plus forte augmentation en près de quatre ans, selon le consensus des économistes interrogés par Reuters. Les prix à la pompe devraient peser lourdement dans ces chiffres.
Les données sur les prix à la production (PPI), autre indicateur d'inflation, pour le mois d'avril, qui seront publiées mercredi, constitueront également un test.
La dernière réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) a montré une orientation plus restrictive chez certains membres du FOMC, son comité de politique monétaire, de plus en plus inquiets face aux pressions sur les prix. Les chiffres des ventes au détail, attendus jeudi, devraient eux permettre de déterminer si la hausse des prix de l'essence et d'autres coûts commence à peser sur les dépenses des ménages.
4/ LES DIFFICULTÉS DE L'ASIE
Les chiffres de la balance courante du Japon, qui seront publiés mercredi, et les résultats des grandes banques japonaises, attendus dans la semaine, permettront de prendre le pouls de l'économie nipponne, fortement dépendante des exportations, alors que la guerre en Iran semble s'éterniser.
Le compte rendu de la réunion d'avril de la Banque du Japon (BoJ) sera publié mardi et ces "minutes" devraient confirmer que trois membres du comité de politique monétaire de la banque ont choisi de faire dissension lors du vote sur un maintien des taux directeurs à leur niveau actuel, signe de profondes divergences sur la politique monétaire.
Les investisseurs obligataires devront également analyser les ventes d'obligations d'Etat japonaises à 10 et 30 ans, un test de l'appétit pour la dette à long terme après des interventions présumées des autorités nippones visant à renforcer le yen au cours des deux dernières semaines.
Par ailleurs, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, rencontrera la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, le gouverneur de la BoJ Kazuo Ueda, et la ministre des Finances Satsuki Katayama, lors de sa visite au Japon qui doit débuter lundi, avant un déplacement en Chine.
5/ L'ÉTAT DE LA CROISSANCE
Les investisseurs analyseront jeudi les données du produit intérieur brut (PIB) britannique pour le mois de mars à la recherche des premiers signes officiels de l'ampleur des dégâts économiques causés par la guerre en Iran. Cette publication coïncide avec les chiffres du premier trimestre, même si ceux-ci pourraient être trompeurs après un mois de février particulièrement dynamique.
Parmi les grands pays de l'OCDE, la Grande-Bretagne semble particulièrement vulnérable. Le FMI lui a infligé la plus forte révision à la baisse en terme de prévisions de croissance parmi les grandes économies pour cette année, ramenant ses prévisions de PIB de 1,3% à 0,8%. Les coûts d'emprunt britanniques ont bondi plus que partout ailleurs parmi les économies avancées du G7, sous l'effet de la hausse des prix de l'énergie.
Un éventuel signe d'affaiblissement de la croissance interviendrait à un moment politiquement délicat pour le Premier ministre Keir Starmer. Son parti, le Labour, a essuyé de lourdes défaites lors des élections locales de vendredi, traduisant la défiance croissante des Britanniques à son égard deux ans après sa victoire écrasante aux élections législatives.
Les marchés seront également attentifs à la deuxième estimation de la croissance économique en zone euro au titre du premier trimestre. La première estimation, publiée le 30 avril par Eurostat, a montré que le PIB du bloc avait décéléré au premier trimestre à +0,1%, à rebours des attentes.
(Rédigé par Gregor Stuart Hunter à Singapour, Yoruk Bahceli et Karin Strohecker à Londres, Lewis Krauskopf à New York; infographies par Pasit Kongkunakornkul; compilé par Karin Strohecker; version française Claude Chendjou, édité par Tangi Salaün)