PO-Le Hamas choisit un nouveau chef après la mort de Yahya Sinouar information fournie par Reuters 13/01/2026 à 16:06
par Nidal al-Mughrabi
Le Hamas devrait désigner ce mois-ci un nouveau dirigeant pour pourvoir le poste laissé vacant depuis la mort de Yahya Sinouar en 2024, ont indiqué à Reuters deux sources du mouvement.
Khalil al-Hayya et Khaled Mechaal sont présentés comme les principaux candidats à la tête du groupe islamiste, affaibli par deux années de guerre déclenchée par son attaque contre Israël le 7 octobre 2023 et confronté à des pressions internationales pour se désarmer.
Les deux hommes résident au Qatar et siègent au sein d'un conseil de cinq membres qui dirige le Hamas depuis la mort de Yahya Sinouar, cerveau de l'attaque du 7 octobre. Son prédécesseur, Ismaïl Haniyeh, a été assassiné par Israël lors d'une visite en Iran en 2024.
Le processus électoral a déjà commencé, ont précisé les sources. Le chef est choisi par un vote secret du Conseil consultatif du Hamas, composé de 50 membres présents en Cisjordanie occupée, dans la bande de Gaza et en exil.
Un porte-parole du Hamas a refusé de commenter ces informations.
Les sources ont ajouté qu'un chef adjoint serait également élu pour remplacer Saleh al-Arouri, tué par une frappe israélienne au Liban en 2024. Des voix au sein du mouvement souhaitaient prolonger la direction collégiale, mais le Hamas semble déterminé à conclure le vote.
Khaled Mechaal est vu comme appartenant à un courant pragmatique entretenant de bonnes relations avec des pays sunnites, tandis que Khalil al-Hayya, principal négociateur du mouvement, est associé à un camp ayant renforcé ses liens avec l'Iran chiite.
Bien que les combats aient largement diminué à Gaza depuis le cessez-le-feu négocié par Washington en octobre, Israël contrôle encore près de la moitié de l'enclave, les attaques se poursuivent et les conditions pour ses deux millions d'habitants restent catastrophiques.
Le mouvement est critiqué à Gaza en raison du lourd bilan humain et des destructions, avec plus de 71.000 morts selon les autorités sanitaires locales. Des miliciens conduits par le Hamas ont tué environ 1.200 personnes et enlevé 251 autres lors de l'assaut transfrontalier du 7 octobre contre Israël.
Le plan de cessez-le-feu du président américain Donald Trump prévoit le désarmement du Hamas et la gestion de Gaza par une administration palestinienne technocratique supervisée par un organisme international appelé "Conseil de la paix pour Gaza".
Le Hamas refuse jusqu'ici de se désarmer, affirmant que la question relève d'un débat plus large entre factions palestiniennes et qu'il serait prêt à remettre ses armes à un futur État palestinien, une option qu'Israël rejette.
Né à Gaza, Khalil Al-Hayya a survécu à une frappe israélienne visant des dirigeants du Hamas au Qatar en septembre. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ensuite présenté ses regrets à l'émir du Qatar lors d'un appel à trois avec Donald Trump, affirmant qu'Israël ne mènerait plus de telles attaques, selon la Maison blanche.
Khaled Mechaal, qui a dirigé le Hamas pendant près de deux décennies, a quant à lui échappé à une tentative d'assassinat par des agents israéliens en Jordanie en 1997. Ses relations avec l'Iran se sont tendues en 2012 lorsqu'il a pris ses distances avec le président syrien Bachar al Assad, allié de Téhéran, au début des soulèvements du Printemps arabe.
Fondé comme branche palestinienne des Frères musulmans, le Hamas est le principal rival du mouvement national palestinien Fatah, dirigé par le président Mahmoud Abbas, âgé de 90 ans.
(version française Nicolas Delame)