Des centaines de morts, plus de 1.000 disparus après les crues soudaines dans l'Himalaya
information fournie par Reuters 27/08/2026 à 16:36

(Bilan actualisé dans le titre et au paragraphes 3, mise en garde contre nouveau risque d'inondation aux paragraphes 4-5, Croix-Rouge au paragraphe 6)

par Gopal Sharma, Navesh Chitrakar et Navesh Chitrakar

Un millier de personnes, dont plus de 800 ressortissants étrangers, étaient portées disparues jeudi après qu'un amas gigantesque de glace, de boue et de roches s'est déversé mercredi dans une rivière de l'Himalaya, provoquant des crues dévastatrices à la frontière entre le Népal et le Tibet chinois.

Des hélicoptères ont été mobilisés afin d'aider les secouristes dans les opérations de recherche et d'acheminer une aide d'urgence aux milliers de personnes coupées du monde après le désastre.

La police a fait état de 359 morts et dit s'attendre à voir le bilan s'alourdir.

L'autorité népalaise chargée de la gestion des catastrophes a mis en garde contre un nouveau risque d'inondation le long de la rivière Bhotekoshi, des images satellites et une analyse préliminaire montrant que le cours d'eau avait été obstrué et qu'un lac s'était formé à l'endroit où les crues ont eu lieu.

Le niveau de ce lac monte et il pourrait déborder, a déclaré l'autorité, exhortant les habitants et les secouristes situés le long des rives en aval de la rivière à se réfugier dans des zones sûres, loin du cours d'eau.

La Croix-Rouge a dit pour sa part que des villages entiers avaient été détruits et que des routes et des ponts impraticables avaient isolé des communautés, ajoutant que l'ampleur exacte de la catastrophe restait encore à déterminer.

DES FRANÇAIS PARMI LES PORTÉS DISPARUS

Le ministre népalais de l'Intérieur, Sudhan Gurung, a déclaré que la priorité restait de retrouver des survivants, avec des équipes de secours qui ont localisé 100 touristes indiens - pour la plupart des pèlerins - précédemment portés disparus, ainsi que 25 travailleurs chinois dans la région la plus touchée, autour de Trishuli.

Plus de 550 ressortissants étrangers sont toujours portés disparus, les autorités népalaises n'ayant pas encore déterminé le nombre de locaux portés disparus.

Parmi les ressortissants étrangers - originaires d'une quarantaine de pays - portés disparus au Népal figurent 288 Indiens, 63 Américains, 51 Malaisiens, 34 Australiens, 33 Britanniques et 25 Canadiens ainsi que des Français, des Belges, des Suisses, des Espagnols, des Italiens, des Néerlandais, des Irlandais ou encore des Israéliens.

De son côté, la chaîne de télévision publique chinoise CCTV a rapporté que 558 personnes, dont 260 ressortissants étrangers, étaient portées disparues après la coulée de boue survenue dans la région tibétaine de Gyirong.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères français a dit être "sans nouvelle de plusieurs Français à ce stade et sommes en contact avec leurs familles. Les efforts se poursuivent pour les localiser".

"Les Français présents dans les zones touchées sont invités à se conformer aux consignes des autorités locales", poursuit le Quai d'Orsay, en exprimant la solidarité de la France avec le Népal et la Chine.

RUPTURE D'UN GLACIER

Selon des experts s'appuyant sur des images satellites fournies par Planet Labs,la catastrophe a peut-être été provoquée par la rupture de la partie inférieure d'un glacier, qui se serait ensuite écrasée sur le fond de la vallée, plusieurs centaines de mètres plus bas.

La cause de l'effondrement du glacier n'est pas connue à ce stade. Les autorités népalaises ont évoqué la possibilité d'un tremblement de terre dans la région mais l'U.S. Geological Survey, l'institut américain de veille géologique, a précisé par la suite que la secousse signalée était en réalité le résultat de l'énergie sismique générée par l'effondrement de roches et de glace glaciaires, suivi d'une coulée de débris.

Des vidéos vérifiées par Reuters montrent des dizaines de personnes emportées par les eaux à la frontière. Des maisons, des routes et des installations électriques ont été emportées.

"Un énorme flot de boue s'est déversé sur nous", a dit Keshav Prasad Baral, un survivant de 68 ans qui a été transporté à l'hôpital pour y être soigné.

"Alors (que le flot de boue) approchait, il s'enflait de plus en plus. Lorsque je l'ai vu entrer dans ma maison, j'ai tenté de prendre la main de ma femme et de l'emmener sur la terrasse, mais elle a été emportée par la boue."

Un hélicoptère l'a transporté à l'abri quelques heures plus tard.

"Ma femme est toujours quelque part sous la boue", a dit Keshav Prasad Baral. "Elle n'est plus."

L'autorité népalaise de gestion des catastrophes a prévenu jeudi qu'une rivière bloquée avait formé un lac qui menaçait de déborder, exhortant habitants et sauveteurs à évacuer les lieux.

Dans les régions les plus durement touchées, des tentes, de la nourriture et d'autres produits de première nécessité, fournis par l'Inde, sont distribués aux habitants depuis des hélicoptères, a dit un porte-parole de l'armée népalaise.

Plus de 5.000 militaires et policiers ont été mobilisés pour participer aux opérations de secours et de recherches.

Le département d'Etat américain a annoncé qu'il allait fournir une assistance d'un mondant de 500.000 dollars après la catastrophe.

Les Nations unies et ses partenaires envoient de l'aide et du personnel afin d'aider les communautés népalaises affectées par le désastre, a dit le secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres.

(avec Aftab Ahmed, Liz Lee, Yukun Zhang, Xiuhao Chen, Shi Bu, Sakshi Dayal, Kanjyik Ghosh, Jatindra Dash and Christine Chen; version française Camille Raynaud et Benoît Van Overstraeten, édité par Jean-Stéphane Brosse)