"Plonger le Golfe dans le noir" : cette menace de l'Iran en toile de fond des négociations avec les Etats-Unis information fournie par Boursorama avec Media Services 06/08/2026 à 16:32
Selon deux responsables régionaux ayant conservé l'anonymat Téhéran a constitué un plan concret de frappes contre une liste de sites sensibles des alliés de Washington au Moyen-Orient, allant des centrales électriques aux usines de désallement.
Des menaces concrètes : dans le cadre de ses échanges interposés tendus avec Donald Trump, l'Iran a accentué ses avertissements la semaine dernière contre les installations énergétiques du Golfe et transmis une liste de cibles aux médiateurs, ont indiqué deux responsables régionaux au fait du dossier.
Le président américain avait annoncé samedi renoncer à des frappes massives contre l'Iran à la demande de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et du Qatar. Depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, la République islamique a attaqué à plusieurs reprises des centrales électriques. Et en juillet, le chef de la diplomatie iranienne avait menacé de riposter "oeil pour oeil" après une mise en garde de Donald Trump contre les infrastructures iraniennes.
Une "longue liste" de "menaces très sérieuses"
Mais selon un haut responsable du Golfe, Téhéran a cette fois directement "averti les médiateurs" d'une riposte d'ampleur "contre les centrales électriques et les installations de dessalement de l'eau", vitales dans cette région largement désertique. "L'Iran a menacé de plonger le Golfe dans le noir, pays après pays, si Trump attaquait ses centrales", a-t-il déclaré à l'AFP, une autre source au Moyen-Orient confirmant ce message.
Ces deux responsables se sont exprimés sous couvert d'anonymat en raison de la sensibilité des discussions. "Leurs menaces étaient très sérieuses et ils ont établi une longue liste de cibles qu'ils comptaient attaquer", a ajouté celui du Golfe.
L'agence de presse iranienne Fars a au cours du week-end énuméré des cibles potentielles dans le Golfe et en Israël, comprenant des champs et des raffineries de pétrole ainsi que des installations gazières.
Le président américain avait affirmé la semaine dernière que les Etats-Unis étaient "prêts à frapper la République islamique d'Iran, à des niveaux (...) de force et de puissance jamais vus depuis la Seconde Guerre mondiale". Ryad avait alors fait savoir que Donald Trump s'était entretenu par téléphone avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, un allié clé dans la région, lors d'un appel visant à réduire les tensions.
Le Golfe a subi l'essentiel des attaques iraniennes durant la guerre, avec des frappes visant des bases américaines en représailles aux attaques de Washington, mais aussi des infrastructures civiles telles que des sites énergétiques, des ports et des aéroports. Des attaques sporadiques ont continué après la signature d'un cessez‑le‑feu en avril puis d'un protocole d'accord en juin. Et elles se sont intensifiées en juillet alors que la trêve volait en éclats, visant principalement le Koweït et Bahreïn.