Pic de la vague de chaleur en France, un tiers des habitants en vigilance rouge information fournie par AFP 12/07/2026 à 14:47
Le troisième épisode de chaleur de l'année atteint son pic dimanche en France, dont plus d'un tiers des habitants sont sous vigilance rouge, avant un début de semaine qui sera toujours très chaud.
Météo-France a placé 37 départements en vigilance maximale canicule dimanche, dans un triangle dont les extrémités sont dans le Tarn au sud, le Val-d'Oise au nord et le Morbihan à l'ouest.
D'après un calcul de l'AFP à partir des données de population annuelles de l'Insee, cela concerne quelque 26 millions de Français, dont toute la région Île-de-France.
L'institut météorologique national prévoit des maximales "comprises entre 37°C et 41°C" dans ces départements.
Le mercure sera très haut également là où la vigilance est orange, avec 38°C à 41°C dans le sud-ouest, entre autres. "Seuls les départements des côtes de Manche et des Hauts-de-France et une partie du Grand Est restent en dessous des 35 degrés", précise Météo-France.
Le Tour de France est particulièrement affecté par ces chaleurs éprouvantes. L'étape de dimanche est courue entre Malemort et Ussel, deux villes d'un département où le thermomètre grimpera jusqu'à 40°C dans l'après-midi, la Corrèze. Afin d'épargner un peu les organismes, les organisateurs ont supprimé 30 km de parcours, pour garder 155,5 km.
"C'est un combat quotidien pour se refroidir avec de la glace et de l'eau. Je n'avais encore jamais connu ça", a affirmé le vainqueur de l'étape de samedi, le Belge Tim Merlier.
Un peu plus au sud-ouest, en Dordogne, en Gironde et dans le Lot-et-Garonne, Enedis travaillait pour rendre le courant à environ 5.000 foyers privés d'électricité, selon son comptage de samedi soir, après des orages la nuit précédente. Ce devrait être entièrement fait dans la soirée.
Nuits peu reposantes
La nuit a été une nouvelle fois peu reposante dans de nombreuses régions.
Météo-France a relevé à 05H00 des températures de 26°C à Bordeaux, 25°C à Angoulême, Lorient, Rennes et au Mans, 24°C à Toulouse, Nantes et Tours, 23°C à Paris.
Le début de semaine, avec la Fête nationale mardi, ne devrait pas encore donner de répit, malgré des températures "généralement en baisse".
Le préfet de police de Paris a fait annuler les très populaires bals des pompiers traditionnellement organisés dans les casernes les 13 et 14 juillet, de même que des événements sportifs prévus en plein air ou dans des lieux non climatisés.
"On ne veut pas qu'il y ait de phénomènes festifs où il y aurait de la consommation d'alcool et (...) que des gens se retrouvent aux urgences parce qu'ils ont trop consommé d'alcool (...) et viennent grever un peu plus les services d’urgence", a déclaré dimanche sur BFMTV le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez au sujet de l'interdiction des rave-party telles que celle qui a rassemblé 1.500 personnes dans le Morbihan ce week-end.
Lundi, Météo-France prévoit "entre 32 et 36°C sur le sud-ouest, 35 à 38°C du centre-ouest vers l'est du pays, 31 à 34°C des Hauts-de-France vers l'Alsace". Les températures seront "souvent inférieures à 32°C sur les départements côtiers de la Manche", qui connaissent un été exceptionnellement chaud.
L'un des effets de cette chaleur est un fort risque d'incendies, qui concerne toutes les régions de France.
Laurent Nuñez a fait état sur BFMTV dimanche de "déjà 17.000 hectares brûlés". D'après lui, "quand on aura consolidé le bilan des feux en cours, on pense qu'on sera à 25.000 hectares brûlés", soit "deux fois plus par rapport à la même période" de 2025.
"L'usage non autorisé de feux d'artifice, un mégot jeté par terre au bord d'une route, des gravats entassés en plein soleil, ces comportements provoquent des incendies dont les conséquences peuvent être dramatiques", a écrit la préfecture de la région Grand Est sur X dimanche.
Autre conséquence: des morts par noyade, 139 depuis le 19 juin. Par rapport à 2025, "l'augmentation est de plus de 18%", a déploré M. Nuñez.
La France a été durement éprouvée depuis fin mai par la répétition des épisodes de forte chaleur, qui ont provoqué une surmortalité, et montré l'inadaptation de nombreuses infrastructures à des étés différents de ceux du siècle précédent.
Cette vague de chaleur est la deuxième de l'année selon la définition de Météo-France, après celle de fin juin et début juillet. Fin mai, un épisode de chaleur inédit pour un printemps avait aussi marqué les esprits.
Leur fréquence croissante est un marqueur sans équivoque du changement climatique. Principalement causé par la combustion d'énergies fossiles partout dans le monde, le réchauffement continu de l'atmosphère terrestre a de lourdes conséquences sur les humains et l'ensemble des écosystèmes.