Philippines : visée par un mandat d'arrêt, la vice-présidente Duterte a payé sa caution information fournie par AFP 05/09/2026 à 11:42
La vice-présidente des Philippines, Sara Duterte, a versé sa caution samedi dans un tribunal de Manille, au lendemain de la délivrance d'un mandat d'arrêt à son encontre pour des menaces de mort contre le président Ferdinand Marcos, son épouse et un ancien député.
Mme Duterte, 48 ans, a été inculpée le mois dernier pour "menaces graves", après avoir affirmé lors d'une conférence de presse avoir engagé un tueur à gages pour assassiner le président, son épouse et son cousin, l'ancien député Paolo Duterte, si elle-même venait à être tuée.
Elle a ensuite déclaré que ses propos avaient été mal interprétés.
Cette menace présumée constitue également un élément central du procès en destitution de la vice-présidente devant le Sénat. Outre sa destitution, une condamnation entraînerait son interdiction définitive d'exercer une fonction politique.
"La vice-présidente s'est présentée volontairement devant le tribunal qui a émis le mandat, il n'y avait donc pas lieu de l'arrêter", a déclaré son avocat, Lawrence Lim. Mme Duterte est sortie du tribunal en brandissant une ordonnance confirmant qu'elle avait versé une caution en espèces d'un montant de 360.000 pesos (environ 4.945 euros).
Elle a expliqué avoir payé sur conseil de ses avocats: "Ils m'ont expliqué que je serais mieux protégée par des civils qui pourraient me surveiller, plutôt que d'être en détention où je serais isolée et peu protégée".
Avant d'entrer dans le tribunal, elle avait déclaré craindre pour sa vie, affirmant être harcelée par la police.
"Vont-ils me jeter en prison et, une nuit, je mourrai dans mon sommeil ?", a-t-elle interrogé.
Le palais présidentiel a jugé que les propos de Mme Duterte étaient "infondés". "Cette administration ne permettra jamais que la police soit utilisée pour commettre quelque forme de violence que ce soit", a-t-il ajouté.
La vice-présidente encourt jusqu'à six mois d'emprisonnement pour "menaces graves".
Son équipe avait publié vendredi un communiqué indiquant qu'elle n'avait "aucune intention de se soustraire à la loi" et qu'elle exercerait "tous ses recours".
Sara Duterte a été mise en accusation en mai par la Chambre des représentants, notamment pour corruption et détournement de fonds. Une condamnation par le Sénat l'empêcherait de briguer la présidence en 2028.
Les Philippines traversent des turbulences politiques depuis la brouille entre le président Ferdinand Marcos et Mme Duterte, son alliée au moment de la présidentielle de 2022.
La mésentente a éclaté quand M. Marcos lui a confié le portefeuille de l'Education - dont elle a démissionné ensuite - au lieu de la Défense.
Sara Duterte disposait il y a encore quelques mois d'importants soutiens au Sénat et de l'appui de deux influentes sectes chrétiennes qui ont organisé de gigantesques manifestations en sa faveur.