Philippines: croissance de 4,4% en 2025, au plus bas depuis 2011 information fournie par Boursorama avec AFP 29/01/2026 à 08:30
La croissance économique des Philippines a progressé de 4,4% en 2025, le taux le plus bas hors période Covid depuis près de quinze ans, a annoncé jeudi le gouvernement, imputant ce résultat aux catastrophes climatiques et à un manque de confiance des consommateurs et entreprises face à la corruption.
Ce chiffre est inférieur à la projection de juin, qui tablait sur 5,5 à 6,5% de croissance annuelle, déjà révisée à la baisse en raison de l’imposition de nouveaux droits de douane américains et des "incertitudes mondiales".
Le taux de croissance au quatrième trimestre 2025, également publié jeudi, a chuté à 3% contre 5,3% sur la même période l'année précédente, représentant le deuxième trimestre consécutif au cours duquel les objectifs n’ont pas été atteints.
Le secrétaire à la planification économique, Arsenio Balisacan, a indiqué jeudi devant des journalistes que "les perturbations liées au climat et aux conditions météorologiques" avaient entraîné des répercussions négatives sur l'économie du pays, les jours de travail manqués et la fermeture des écoles contribuant à affaiblir la demande intérieure.
Il a ajouté qu’un scandale grandissant autour de projets "fantômes" de digues anti-inondations avait également lourdement pesé sur la croissance à court terme.
"Il est vrai que l’enquête sur le scandale de corruption lié aux inondations a aussi affecté la confiance des entreprises et des consommateurs", a indiqué M. Balisacan.
Les dépenses de construction se sont effondrées depuis que le président Ferdinand Marcos a fait de ce scandale de corruption la pièce maîtresse d’un discours prononcé en juillet.
Des dizaines de responsables gouvernementaux, de parlementaires et de dirigeants d’entreprises de construction ont depuis été impliqués dans des fraudes qui auraient coûté des milliards de dollars aux contribuables.
Selon M. Balisacan, les réformes actuellement en cours vont entraîner un rebond en 2026.
"Les mesures qui en résultent et les réformes de gouvernance sont nécessaires pour renforcer la responsabilité, améliorer la qualité des projets, assurer une meilleure utilisation de ressources publiques limitées et accroître notre capacité à une croissance plus rapide et plus durable dans les années à venir", a-t-il avancé.