Pétrolier de la flotte fantôme russe arraisonné: le commandant en garde à vue information fournie par AFP 03/06/2026 à 17:03
Le commandant du Tagor, pétrolier de la flotte fantôme russe arraisonné dans l'océan Atlantique par la marine française, a été placé en garde à vue mardi, a annoncé le procureur de Brest Stéphane Kellenberger.
Cette garde à vue "reste en cours, confiée par nos soins à la gendarmerie maritime", a précisé le magistrat dans un communiqué diffusé mercredi.
Le commandant de nationalité russe, encourt un an de prison et 150.000 euros d'amende pour défaut de pavillon et refus d'obtempérer en mer, ainsi que la confiscation du navire.
L'armateur, "en cours d’identification", encourt des peines semblables, a précisé le magistrat.
Dans une déclaration diffusée sur la messagerie Telegram, l'Ambassade de Russie en France a dit avoir exigé "qu'un accès consulaire soit immédiatement accordé" au commandant et "que sa libération intervienne dans les plus brefs délais", qualifiant les poursuites d'"accusations infondées"
Lundi, le Kremlin avait déjà qualifié l'arraisonnement du pétrolier d'opération "à la limite de la piraterie internationale", par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov.
Arraisonné à plus de 400 milles nautiques (740 km) à l'ouest de la Bretagne, le Tagor, le pétrolier de 241 mètres, est arrivé mardi matin en baie de Douarnenez (Finistère), où il doit être immobilisé le temps de l'enquête.
En provenance du port de Mourmansk en Russie, le navire se dirigeait vers la ville balnéaire de Limbé au Cameroun, lorsque la marine française a voulu vérifier la régularité de son pavillon.
Le commandant a refusé d'obtempérer aux consignes des militaires français, ce qui les a conduits à prendre le contrôle du pétrolier, selon le procureur.
"Les conditions de vie à bord ont pu être vérifiées" et "une visite administrative de sécurité se déroule actuellement (...) parallèlement aux investigations judiciaires", a détaillé le magistrat.
Sous sanctions des États-Unis, de l'Union européenne et du Royaume-Uni, le Tagor a changé à de multiples reprises de pavillon, arborant notamment celui de Madagascar, des Iles Marshall ou du Panama.
Soupçonné de transporter du pétrole russe ou iranien, le navire serait lié au magnat iranien du pétrole Mohammad Hossein Shamkhani, selon le site Opensanctions.org.
Mohammad Hossein Shamkhani est le fils d'Ali Shamkhani, proche conseiller de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei. Ces derniers ont tous deux été tués en février au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.
Le Tagor est le quatrième pétrolier de la flotte fantôme, utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales contre ses ventes de pétrole, à être intercepté en mer par la France depuis septembre 2025.
Fin janvier, le pétrolier Grinch avait été immobilisé près d'un mois près du terminal pétrolier du port de Marseille-Fos. Le navire avait pu repartir après paiement d'une amende de "plusieurs millions d'euros", selon le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.