Petits colis importés en France : la taxe de 2 euros entre en vigueur dimanche information fournie par Boursorama avec Media Services 27/02/2026 à 17:14
Le but explicite de la loi est d'augmenter le prix de la livraison pour "inciter les consommateurs à réduire les achats impulsifs de produits très bon marché".
Les achats effectués sur des plateformes e-commerce extra-européennes comme Shein, Temu, AliExpress ou Amazon sont soumis à une nouvelle taxe de deux euros par catégorie d'articles commandés, dès dimanche. Ce dispositif national, qui vise à réguler l'explosion des importations de faible valeur venues directement de Chine, doit être remplacé par une mesure européenne fin 2026.
DEUX EUROS PAR CATÉGORIE D'ARTICLE
La taxe ne s'applique pas au colis global, mais à chaque catégorie de produits qu'il contient. Ainsi, si vous achetez trois t-shirts identiques, vous ne payez qu'une fois 2 euros. Mais si votre colis contient un t-shirt, une paire d'écouteurs et un bijou, la taxe s'élève à 6 euros (trois articles de catégories douanières distinctes).
COLIS INFÉRIEURS À 150 EUROS
La taxe vise les envois dits "de faible valeur", inférieure ou égale à 150 euros. Elle concerne les importations depuis des pays hors Union européenne vers la France, y compris la Martinique, la Guadeloupe et La Réunion. Monaco est également concernée.
QUI PAIERA ?
Ce sont les plateformes comme Shein et Temu elles-mêmes qui sont désignées comme les redevables de la taxe. C'est à elles qu'il incombe de déclarer et de payer à l'administration. Mais si les plateformes sont les "payeurs" officiels auprès du fisc, la taxe pourrait directement être répercutée dans le panier du consommateur.
LES OBJECTIFS DE LA MESURE
Le but explicite de la loi est d'augmenter le prix de la livraison pour "inciter les consommateurs à réduire les achats impulsifs de produits très bon marché". Le gouvernement, qui se veut moteur en Europe face aux dérives des plateformes asiatiques, veut rétablir une concurrence loyale avec les commerçants locaux.
Le but est aussi de freiner l'ultra fast-fashion pour réduire l'empreinte carbone du transport aérien.
En 2025, 5,8 milliards de petits colis ont été livrés en Europe, à 97% de Chine. En France, le nombre d'articles contenus dans ces colis est passé de 170 millions en 2022 à 828 millions en 2025, d'une valeur de 5,58 milliards d'euros.
Cette taxe pourrait aider à financer les contrôles douaniers.
EN JUILLET, LA TAXE EUROPÉENNE ARRIVE
Cette taxe de deux euros sera cumulée à partir de juillet avec un droit de douane européen de 3 euros par article commandé, qui s'appliquera sur le sol de l'UE. Chaque catégorie d'article sera donc taxée à hauteur de cinq euros.
Les taxes italienne (depuis janvier) et française ont vocation à être remplacées par un dispositif 100% européen similaire prévu en novembre 2026, harmonisant ainsi les règles pour l'ensemble du marché unique.
CONTOURNEMENT POSSIBLE PAR LES PLATEFORMES
En attendant, les plateformes pourront contourner la taxe en faisant atterrir la marchandise dans un autre aéroport avant de l'acheminer en France par la route.
"On prévoit que l'entrée en vigueur de la 'taxe petit colis' amène le transfert d'environ 50 vols par semaine à Paris-CDG vers les hubs du Benelux. Et ce, de manière irréversible", commente auprès de l' AFP le groupe Aéroport de Paris (ADP). "Il est donc nécessaire qu'une telle mesure de lutte contre les pratiques commerciales déloyales s'inscrive dans un cadre harmonisé au niveau européen, au risque de provoquer des contournements logistiques", poursuit-il.
LA REPONSE DE SHEIN
Dans une déclaration à l' AFP , un porte-parole de Shein assure que la société est "pleinement engagée à respecter l'ensemble de la réglementation douanière et fiscale française et européenne".
"Dans le respect du droit de l'Union européenne, une fois les marchandises légalement importées et mises en libre circulation, elles peuvent circuler au sein de l'Union européenne", rappelle Shein, ne cachant pas la possibilité de contourner la taxe française.
"Nous comprenons les objectifs poursuivis par les mesures douanières et de traitement actuellement mises en œuvre en France. Pour garantir leur efficacité, leur proportionnalité et leur applicabilité concrète, une coordination étroite au niveau de l'Union européenne, ainsi que des processus clairs et harmonisés entre les États membres, sont nécessaires", conclut-il.
Sollicité également, Temu n'a pas répondu.