Périscolaire : "Les défaillances systémiques" à Paris révèlent des failles dans toute la France, selon le Sénat
information fournie par AFP 15/10/2026 à 15:39

Agnès Evren le 3 octobre 2023 à Paris ( AFP / Ludovic MARIN )

Manque de formation, agressions tues, animateurs déplacés: dans un rapport publié jeudi, une commission sénatoriale a dévoilé les nombreux dysfonctionnements "systémiques" du périscolaire, révélés au grand jour à Paris, mais présents à l'échelle nationale.

La vérité, "c'est que la France ne protège pas assez ses enfants", a dénoncé Agnès Evren, rapporteure du texte, lors d'une conférence de presse.

Le rapport, adopté à l'unanimité par le Sénat, s'attarde longuement sur la situation de Paris, où 235 enquêtes pénales ont été ouvertes pour des violences psychologiques, physiques et sexuelles.

Mais, selon l'élue Les Républicains, les défaillances observées dans la capitale se répètent au plan national avec des signalements recensés dans 73 départements.

Au cours de son enquête de quatre mois, la mission a identifié "le péché originel" que serait la réforme des rythmes scolaires de 2013 qui a allégé la journée de classe en allongeant les temps de périscolaire.

Aujourd'hui, neuf enfants sur dix fréquentent un accueil périscolaire au moins une fois dans la journée, selon le rapport. Entre 2013 et 2016, l'offre a même triplé, passant de 840.000 à 2,6 millions de places.

Parmi les failles identifiées par la mission: le recrutement des personnels, le manque de formation, l'absence de réel contrôle du passé judiciaire des animateurs ou encore "la dilution des responsabilités" entre l'école, le périscolaire et la justice en cas de problème.

"La vision à 360° de cette commission permet enfin de relier les défaillances judiciaires, administratives, institutionnelles, réglementaires , organisationnelles", a réagi dans un communiqué le collectif SOS Périscolaire.

"Notre système est bien trop réactif, il n'est pas préventif", a regretté l'élue parisienne avant de présenter les principales mesures proposées par la mission.

En tête: la nécessité de renforcer les exigences de formation pour les candidats, qui devront ensuite être soumis à des contrôles d'honorabilité ainsi qu'à des inspections régulières.

"Nous proposons de créer une sanction pénale en cas de non-signalement des incidents graves au préfet", a ajouté la sénatrice de Paris, pour "briser la loi du silence" et "instaurer une vraie culture de transparence pour restaurer la confiance des familles".

Autre mesure phare: la protection des lanceurs d'alerte, qui "n'osent pas parler par peur de représailles" s'ils signalent des faits.

La mission sénatoriale insiste également sur l'importance de présenter un organigramme de l'accueil périscolaire, complet et à jour.

"Ces recommandations (...) témoignent d'une prise de conscience désormais partagée", a salué l'association MeToo Ecole.

"Nous sommes aujourd'hui à la veille d'une élection capitale pour la France (...) Nous devons changer de logique: ce n'est plus à l'enfant de s'adapter à nos institutions mais à nos institutions de s'adapter aux besoins de l'enfant", a conclu Agnès Evren.