Périscolaire à Paris: les procédures s'accélèrent, Grégoire fait acte de repentance information fournie par AFP 20/05/2026 à 20:00
Les procédures s'accélèrent face au scandale des violences sexuelles du périscolaire: 16 personnes de l'école Saint-Dominique à Paris, l'un des épicentres de la crise, ont été placées mercredi en garde à vue, une opération saluée par le maire Emmanuel Grégoire, qui a fait de nouveau acte de repentance.
Ce coup de filet s'inscrit "dans le cadre de différentes enquêtes préliminaires" pour "des faits de natures et de gravités différentes", a indiqué le parquet de Paris, confirmant une information du journal Le Monde.
Les enquêtes, diligentées par la Brigade de protection des mineurs (BPM) sous la direction du ministère public, concernent plusieurs personnes qui avaient déjà été suspendues de cette école maternelle publique du VIIe arrondissement.
Au coeur de la crise du périscolaire dans la capitale, l'école maternelle Saint-Dominique a connu une multiplications des soupçons d'agressions sexuelles, conduisant à la suspension de 12 animateurs.
Depuis début 2026, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles.
Dimanche, le parquet de Paris a indiqué avoir ouvert des enquêtes pour de possibles violences, de différentes natures, dans un total de 84 écoles maternelles, une vingtaine d'élémentaires et une dizaine de crèches.
Une "accélération des enquêtes" saluée par le nouveau maire PS Emmanuel Grégoire, qui a engagé début avril un plan d'action à 20 millions d'euros pour le périscolaire, "priorité absolue" de son début de mandat.
Devant le Conseil de Paris mercredi, il a souligné "la dimension importante, attendue et nécessaire" de l'opération visant l'école Saint-Dominique, y voyant "une forme de soulagement pour les parents", dont beaucoup dénoncent la lenteur de la justice.
"Les investigations avancent enfin à la hauteur de la gravité des faits signalés", a réagi auprès de l'AFP Barka Zerouali, porte-parole du collectif #MetooEcole. Rappelant que "pendant des mois, certaines familles ont eu le sentiment de ne pas être entendues".
Mais le scandale continue de faire des vagues, après la révélation lundi par Le Parisien qu'un animateur mis en examen en 2025 pour violences sexuelles dans une école du XIe arrondissement, avait déjà été placé en garde à vue en 2024, pour des faits similaires dans une autre école voisine.
"Ce cas est scandaleux. Il y a aura des sanctions", a affirmé l'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo (de 2020 à 2024), qui a présenté sur France 2 ses "excuses", comme il l'avait fait la semaine dernière devant les parents d'élèves de l'école Saint-Dominique.
Ce type de situation "ne pourra se reproduire", assure-t-il, car le recrutement est désormais "plus exigeant", "ne se fait plus au niveau local", tandis qu'un fichier garde une "traçabilité".
- "Des fautes commises" -
Hasard du calendrier, la mairie a restitué mardi une enquête administrative aux parents d'élèves de l'école Bullourde du XIe, où l'animateur en question a été réembauché. Et doit en remettre une autre ce mercredi soir à l'école Belzunce du Xe, où il avait initialement été soupçonné.
"Ce rapport montre qu'il y a eu des fautes commises et nous avons demandé à ce que des procédures disciplinaires soient enclenchées", a fait savoir l'adjointe aux affaires scolaires de l'Hôtel de ville, Anne-Claire Boux.
"Je sais qu'il y a une forme de rupture de confiance évidente avec l'école publique. Mais on va y arriver, c'est une obligation", a promis Emmanuel Grégoire lors d'un débat à son premier Conseil de Paris ordinaire.
Le nouvel édile a accédé à la demande de l'opposition de droite dirigée par Rachida Dati et Grégory Canal de mettre en place une "mission d'information et d'évaluation" (MIE).
"Enfin ! Ca fait deux mois qu'on la réclamait", s'est félicitée Inès de Raguenel (LR), soulignant le rôle "transpartisan" d'une MIE, qui viendra compléter la "commission d'enquête indépendante" annoncée par l'exécutif.
Le premier groupe d'opposition regrette néanmoins que les 20 millions d'euros dévolus au périscolaire ne soient "pas fléchés".
Tout comme l'Insoumise Sophia Chikirou, qui critique un "coup de com'" du maire socialiste. "Le plan ne traite pas les causes profondes du problème que sont la précarité et les problèmes de sous-effectifs", a-t-elle dénoncé.
Depuis une semaine, les 14.000 animateurs de la ville de Paris, dont la grande majorité sont vacataires, sont appelés à la grève jusqu'à vendredi, pour dénoncer notamment les "suspensions qui explosent" dans un climat de "suspicion généralisée".