Périscolaire à Paris: 18 mois avec sursis requis contre un animateur pour agressions sexuelles
information fournie par AFP 05/05/2026 à 20:04

Un policier devant une salle d'audience au palais de justice de Paris, avant le procès d'un animateur d'une école parisienne poursuivi pour agressions sexuelles sur mineurs, le 5 mai 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Une peine de dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis a été requise mardi à l'encontre d'un animateur d'une école parisienne jugé pour agressions sexuelles sur mineurs au terme de débats qui se sont déroulés à huis clos devant le tribunal correctionnel de la capitale, à la demande des parties civiles.

Le procureur a demandé que la peine de sursis soit "probatoire", c'est-à-dire qu'elle soit conditionnée au respect de l'interdiction d'entrer en contact avec les victimes, de paraître à nouveau dans l'école où il travaillait, d'exercer une activité avec des mineurs, ainsi que de l'obligation de soins et d'indemnisations.

La décision doit être rendue le 16 juin.

"On rentre ici dans l'intimité la plus profonde", avait fait valoir en début d'audience Me Julie Chalumeau, l'avocate de cinq des neuf fillettes qui mettent en cause cet animateur du périscolaire, alors que les parents de quatre autres anciennes élèves d'une classe de CM2 de l'école Titon, située dans l'est de la capitale, se sont présentés sans avocats.

Nicolas G., 47 ans, qui n'a pas fait de déclaration à la presse à son arrivée au tribunal, répond de harcèlement sexuel à l'encontre des neuf et d'agressions sexuelles sur trois d'entre elles.

Toutes avaient dix ans à l'époque des faits dénoncés, en 2024.

Un animateur (c) d'une école parisienne, poursuivi pour agressions sexuelles sur mineurs, arrive au tribunal de Paris, le 5 mai 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

"La plus belle", "mon cœur", "mon trésor", avait-il coutume de surnommer les enfants, mais également de leur raconter des histoires de viol, de prendre l'une des élèves sur ses genoux ou de toucher la poitrine d'une autre. "Je te ferais des bisous partout si je pouvais", avait-il encore lancé à l'une des fillettes, tel que les enfants l'avaient rapporté à leurs parents.

L'agent avait été suspendu en octobre 2024 et placé sous contrôle judiciaire.

"Nous espérons une condamnation exemplaire qui ouvrirait la voie à d’autres procédures et montrera le chemin", a réagi dans un communiqué le collectif SOS Périscolaire.

Car cette affaire est la première à être jugée depuis la mise au jour de violences répétées dans le périscolaire parisien: depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles de la capitale, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles.

Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire (PS), a déploré un caractère "systémique".

Face à l'ampleur du scandale, l'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo avait engagé à la mi-avril un plan d'action d'un coût de 20 millions d'euros pour le périscolaire, "priorité absolue" de son début de mandat.

Il prévoit une simplification de la chaîne de signalement avec une cellule d'écoute dédiée et promet une "transparence totale" aux familles ainsi qu'une professionnalisation d'une filière précarisée - la grande majorité des 14.000 animateurs parisiens sont vacataires.

La mère d'une victime s'adresse à la presse au nom des autres familles de victimes avant le procès pour agression sexuelle d'un animateur d'une école parisienne, au tribunal de Paris, le 5 mai 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Mais "malgré une prise de conscience sur les défaillances du périscolaire, dans les écoles, concrètement, rien n'a changé", déplorent les 3.775 signataires, dont 2.331 parents, d'une lettre remise mardi à Emmanuel Grégoire, avec le soutien de SOS Périscolaire.

Ils demandent au maire "d'allouer des moyens supplémentaires" à la filière, qui souffre d'un "manque chronique d'effectifs".

Les syndicats de la profession appellent quant à eux à la grève entre le 11 et le 22 mai.