Pékin vante à nouveau les avantages d'une union avec Taïwan, Taipei ne cède pas information fournie par Reuters 29/04/2026 à 12:37
Pékin a déclaré mercredi que l'économie taïwanaise bénéficierait d'opportunités sans précédent si l'île acceptait de s'unir à la Chine, les dirigeants chinois continuant leurs efforts pour persuader Taipei d'accepter son autorité malgré les refus constants du gouvernement taïwanais.
La Chine, qui considère Taïwan comme son propre territoire, a lancé depuis la fin de l'année dernière une nouvelle campagne visant à convaincre l'île, devenue une démocratie développée, des avantages de ce que Pékin appelle la "réunification pacifique".
La Chine a toutefois refusé de renoncer au recours à la force pour parvenir à ses fins.
S'exprimant lors d'un point presse hebdomadaire, Chen Binhua, porte-parole du Bureau chinois des affaires taïwanaises, a déclaré que l'économie taïwanaise serait "redynamisée par une nouvelle vitalité" en cas de réunification, notamment en tirant parti des avantages de l'immense marché chinois et des atouts propres à Taïwan en matière de science, de technologie et de talents.
"La réunification pacifique apportera davantage de certitude et de potentiel de croissance à l'environnement d'investissement et des affaires de Taïwan, ce qui représente une opportunité sans précédent et la plus grande source de confiance pour le développement économique de Taïwan", a-t-il ajouté.
Taïwan est l'un des principaux producteurs des semi-conducteurs les plus avancés au monde, qui alimentent le boom mondial de l'intelligence artificielle (IA). Son économie est en plein essor, avec une croissance de 8,68% en 2025, son taux le plus élevé en 15 ans. La croissance devrait atteindre 11,3% au seul premier trimestre.
"DES TROUBLES SANS FIN À NOTRE NATION"
Le président taïwanais Lai Ching-te affirme que seul le peuple taïwanais peut décider de son avenir et que Pékin n'a pas le droit de revendiquer l'île.
S'adressant mercredi à des officiers supérieurs de l'armée à Taipei, Lai Ching-te a également déclaré que seule une consolidation des capacités de défense de Taïwan permettrait de garantir une paix véritable.
"Une unification présentée comme une paix apportera inévitablement des troubles sans fin à notre nation", a-t-il déclaré.
Taïwan affirme que la Chine recourt quotidiennement à des activités de "zone grise" – des tactiques irrégulières visant à épuiser un adversaire sans recourir au combat ouvert. Des navires de guerre et des avions de combat circulent notamment régulièrement autour de l'île.
Selon Pékin, ces activités militaires sont "tout à fait justifiées et raisonnables".
La Chine a proposé à Taïwan une forme d'autonomie inspirée du modèle de Hong Kong, "un pays, deux systèmes". Aucun grand parti politique taïwanais ne soutien cette proposition.
La question de Taïwan devrait être l'un des sujets majeurs qu'évoqueront le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping lors de leur rencontre en mai.
Les États-Unis ont rompu leurs relations officielles avec Taipei en 1979, mais sont tenus par la loi de fournir à l'île les moyens de se défendre. Les États-Unis ne prennent officiellement aucune position sur la souveraineté de Taïwan, conformément à la politique de Washington dite "d'une seule Chine".
Taïwan, dont la population élit ses propres dirigeants et dont le gouvernement contrôle un territoire délimité, doté de ses propres forces armées, de ses propres passeports et de sa propre monnaie, jouit d'une indépendance de facto, même si celle-ci n'est pas officiellement reconnue par la plupart des pays.
(Bureau de Pékin et Ben Blanchard ; version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)