Pékin entend répondre au lancement par Taïwan d'un site de collecte de renseignements
information fournie par Reuters 17/06/2026 à 12:10

La Chine a déclaré mercredi qu'elle prendrait des contre-mesures en réponse au lancement par le gouvernement taïwanais d'un site internet permettant aux ressortissants chinois de transmettre des renseignements, estimant que dispositif était symptomatique de la "mentalité de confrontation" de Taipei.

Taïwan et la Chine, qui considère cette île dotée d'un régime démocratique comme faisant partie de son territoire, se livrent depuis longtemps à des activités d'espionnage mutuelles. Taïwan a ainsi récemment signalé une hausse des cas d'espionnage chinois.

Le Bureau de la sécurité nationale de Taïwan a lancé dimanche ce site, voulant ainsi offrir un canal sécurisé à, selon lui, un nombre croissant de personnes mécontentes du système chinois.

S'exprimant lors d'un point presse à Pékin, Chen Binhua, porte-parole du Bureau chinois des affaires taïwanaises, a déclaré que Taïwan se livrait à "des activités de vol de renseignements, d'infiltration et de sabotage, aggravant ainsi les tensions entre les deux rives du détroit et sapant les relations entre elles".

"Cela révèle pleinement leur position favorable à l’indépendance de Taïwan, leur obstination, leur mentalité de confrontation et leur refus de changer de cap", a-t-il déclaré, ajoutant que Pékin prendrait "résolument des contre-mesures", sans donner plus de détails.

Les citoyens, organisations, entreprises et autres groupes chinois ont tous la responsabilité et l’obligation de ne pas mettre en péril la sécurité, a ajouté le porte-parole.

Il a également averti que les personnes fournissant des renseignements aux services taïwanais en violation de la loi s'exposeraient à des poursuites judiciaires.

Taïwan a indiqué que son nouveau programme de collecte de renseignements s'inspirait des pratiques d'agences de renseignement de pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni et Israël.

Le site est bloqué en Chine, même si de nombreux Chinois utilisent des VPN pour accéder à d'autres sites interdits, notamment à des réseaux sociaux et moteurs de recherche occidentaux.

Pékin a lui-même eu recours à des méthodes similaires. En 2024, les autorités chinoises ont mis en place une adresse électronique permettant de signaler des informations sur des crimes présumés commis par des "séparatistes" taïwanais.

Le gouvernement taïwanais rejette les revendications de souveraineté de Pékin, affirmant que seul le peuple de l'île peut décider de son avenir.

(Reportage du Bureau de Pékin, version française Elena Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)