Pas d'interdiction de la marche en hommage au militant identitaire tué à Lyon, dit Nuñez information fournie par Reuters 20/02/2026 à 11:56
Les autorités françaises n'entendent pas interdire la marche prévue samedi à Lyon en hommage au militant identitaire Quentin Deranque, tué il y a une semaine lors d'une rixe avec des militants antifascistes présumés, mais la "sécuriser" pour s'assurer qu'elle ne génère pas de violences, a déclaré vendredi le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.
Plusieurs responsables politiques locaux, dont le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, ont demandé l'interdiction de la manifestation, craignant que l'atmosphère de tension dans la ville et l'afflux de militants nationalistes et d'ultra-droite venant potentiellement de plusieurs pays européens ne génèrent de nouvelles violences.
Interrogé sur RTL, Laurent Nuñez a déclaré qu'après s'être entretenu avec la préfète du Rhône, il avait jugé possible d'"encadrer" la manifestation pour s'assurer de son bon déroulement.
"Je suis le garant de l'ordre public et je protège aussi la liberté d'expression", a déclaré le ministre. "Je ne demande pas l'interdiction de cette manifestation (...) Donc le cortège sera encadré par les forces de l'ordre, qui rayonneront évidemment à la périphérie de ce cortège pour éviter tout trouble à l'ordre public et toutes les provocations."
Refusant d'en dire davantage sur le dispositif policier, sinon qu'il sera "extrêmement important", Laurent Nuñez a dit s'attendre à la présence de "deux à trois mille personnes" dans le cortège.
Plusieurs groupes d'extrême-gauche et antifascistes ont appelé à se mobiliser contre la présence de ces militants nationalistes dans les rues de Lyon.
Le président du Rassemblement National (RN), Jordan Bardella, a de son côté écrit aux élus du parti d'extrême droite pour leur demander de ne pas participer aux rassemblements et marches prévus à Lyon et dans d'autres villes, soulignant que "la famille et les proches de Quentin ne sont à l'initiative d'aucun d'entre eux".
"La volonté de confrontation de l'extrême gauche avec ces rassemblements semble intacte. Certains organisateurs, indéniablement liés à l'ultra-droite et que nous refusons de côtoyer par cohérence avec notre ligne réaffirmée cette semaine, recherchent également l'affrontement", dit Jordan Bardella dans cette lettre communiquée à Reuters par le RN.
"L'inquiétude des services de l'État est grande quant aux débordements graves qui pourraient survenir dans ce contexte de tensions. Ainsi, nous vous demandons, sauf situation locale très particulière et strictement encadrée (hommage rendu par une municipalité, par exemple), de ne pas vous rendre à ces rassemblements ni d'y associer le Rassemblement National."
De source au sein du parti de Marine Le Pen, on précise que "ça a toujours été la ligne du RN de ne pas se rendre aux manifestations et marches, hormis quand nous en sommes les organisateurs". "C'est une question de sécurité de nos élus", ajoute-t-on.
(Rédigé par Tangi Salaün, avec la contribution d'Elizabeth Pineau, édité par Blandine Hénault et Kate Entringer)