Parisiens aisés cherchent plages privées "comme à Saint-Tropez"
information fournie par AFP 13/08/2026 à 07:53

Des clients se prélassent au bord de la piscine de Foil in Paris, en bord de Seine, le 2 août 2026 ( AFP / Simon WOHLFAHRT )

Un air de house attire les regards curieux qui se promènent le long de la Seine, à la lisière du bois de Boulogne. Dans le très chic 16e arrondissement parisien, une clientèle aisée se prélasse sur une terrasse qui a tout d'une plage privée huppée de la Côte d'Azur.

Verre de rosé ou de bière à portée de main, des corps huilés et bronzés prennent le soleil autour de la petite piscine de Foil in Paris, une péniche ouverte en 2025.

"C'est un peu comme le Bistro Plage à Marseille ou le Moorea à Saint-Tropez", deux plages privées du sud de la France, compare Stéphane, employée dans le marketing de 38 ans, qui se repose avec une amie à l'ombre d'un grand parasol.

Le privilège de lézarder ici se paye cher, 50 euros les trois heures. Le club, qui se veut intimiste, limite par ailleurs les entrées à une trentaine, "pour que chacun ait son transat ou sa chilienne", explique l'un des employés, Nino Passavant, lunettes de skipper sur le nez.

"Ce serait bien qu'il y ait plus de piscines comme ça au bord de l'eau, c'est vraiment sympa", s'enthousiasme Sissi, accompagnée de son conjoint Jean-François, employé dans une grande banque.

Ces dernières années, de nouveaux lieux qui prennent des allures de "beach club" en saison estivale ont ouvert à Paris. Et notamment le long de la Seine, qui connaît un regain d'attractivité après avoir été le théâtre de plusieurs épreuves lors des Jeux olympiques de 2024.

Piscine "sans enfants"

Une aubaine pour Foil in Paris, qui propose une initiation au sport de glisse éponyme – le e-foil, un surf électrique qui se lève au-dessus de l'eau lorsqu'il est lancé à pleine vitesse. "C'est unique dans la capitale", vante Nicolas Pernodet, cofondateur du lieu aux longues boucles dorées, devant deux habitués.

Le moniteur d'e-foil et cofondateur du club Foil in Paris Nicolas Pernodet sur son surf électrique sur la Seine, devant le quartier d'affaires de La Défense, à Paris, le 2 août 2026 ( AFP / Simon WOHLFAHRT )

Lilian, cadre financier, et Patrick, architecte, en sont à leur quatrième session. "Le prix est élevé (150 euros l'heure, ndlr), mais ça vaut le coup", assure le second, qui habite une ville cossue de petite couronne.

Après un siècle d'interdiction, la réouverture de la baignade dans la Seine a attiré près de 100.000 visiteurs en 2025. Cette année, trois sites gratuits ont été installés sur la Seine, et un sur le canal Saint-Martin.

"On n'est pas sur la même clientèle que ceux qui vont nager dans la Seine", assume Corentin Gireau, responsable communication pour Annette K., un club ouvert en 2022 dans le 15e arrondissement qui possède une piscine de 50 m de long sur son pont supérieur.

"J'aime bien voir mes pieds quand je me baigne!", ironise Anthony, 41 ans. Ce chef d'entreprise possède un abonnement à 200 euros par mois pour profiter du solarium et de la piscine, "sans enfants", contrairement aux infrastructures municipales.

Le lieu, pensé initialement comme un club de sport premium, suscite un "vrai intérêt" l'été, qui "se confirme depuis environ deux ans", estime M. Gireau.

"Ambiance méditerranéenne"

"C'est agréable de pouvoir bronzer, se reposer au bord de la piscine, boire un cocktail et manger au même endroit", explique Tatiana, vêtue d'un maillot de bain au motif léopard.

Habituée à fréquenter des hôtels "all inclusive" l'été, "en Tunisie ou en Espagne", cette mère de famille, qui vit dans le 16e arrondissement, vient se détendre au bord de l'eau, après sa séance de sport, "minimum trois fois par semaine, et parfois tous les jours quand il fait chaud".

Le farniente s'est aussi exporté à l'autre bout de Paris, au cœur du bois de Vincennes, où La Beach ("la plage", en français) prend ses quartiers chaque été depuis 2021.

Le lac de Saint-Mandé, au coeur du bois de Vincennes, à Paris, le 2 avril 2026 ( AFP / Martin LELIEVRE )

Mille mètres carrés de sable, transats, mobilier blanc... "Les gens rentrent dans un univers qu'ils adorent, qui correspond à l'ambiance méditerranéenne", explique Michaël Fox, dirigeant de ce lieu éphémère, gratuit moyennant une consommation, qui accueille en majorité des jeunes adultes originaires de l'ouest parisien.

"On a beaucoup de clients capables de faire une demi-heure, trois quarts d'heure de voiture ou de métro pour venir jusqu'ici", affirme-t-il. Même si le lac de Saint-Mandé, situé à quelques pas, est pour l'instant interdit à la baignade.