Paris et Berlin deviennent coactionnaires à parité du groupe de défense KNDS information fournie par Reuters 22/06/2026 à 11:23
(Actualisé avec commentaires, détails)
La France et l'Allemagne ont annoncé lundi leur intention de devenir coactionnaires à parité du groupe de défense KNDS, relançant une coopération mise à mal par l'échec du programme Scaf acté il y a deux semaines.
"Par cet accord, les deux Etats sécurisent leurs droits à la fois comme actionnaires et comme Etats souverains", peut-on lire dans un communiqué conjoint des deux pays publié par l'Elysée.
"Ses principes fondateurs sont un engagement actionnarial de long terme, la parité des droits de gouvernance, et une surveillance appropriée des sujets de sécurité", ajoute-t-on.
Dans un contexte mondial porteur pour la défense, KNDS est un acteur de premier rang qui doit se développer et améliorer des marges de manoeuvre afin d'investir et d'aller chercher des marchés importants à l'export, souligne-t-on à Paris.
Jean-Paul Alary, PDG de KNDS, salue dans un communiqué un accord "qui conforte la vision de KNDS de renforcer sa position de leader paneuropéen en matière de défense terrestre, solidement ancrée dans les deux pays".
Spécialiste franco-allemand des chars, la société KNDS a été créé en 2015 de la fusion de Nexter Systems et de KMW (Krauss-Maffei Wegmann).
Fabricant des chars César et du Léopard, KNDS travaille également à la mise au point du "char du futur" franco-allemand MGCS.
Le comité budgétaire allemand doit se prononcer mercredi sur l'évolution du groupe annoncée lundi. Son approbation est nécessaire pour garantir que KNDS puisse entrer en Bourse (IPO) en juillet comme prévu actuellement, alors que cette IPO était initialement programmée pour ce mois-ci.
Berlin souligne qu'avec cette prise de participation, l'Etat entend protéger les intérêts allemands au regard de l'importance stratégique de l'entreprise, alors que la France détient déjà la moitié du groupe.
Le gouvernement allemand ajoute que l'Etat fédéral a l'intention de réduire sa participation ultérieurement, tout en conservant les mêmes droits de gouvernance au sein de l'entreprise que la France.
Cette prise de participation de l'Etat allemand, qui s'effectuera auprès de la famille allemande Wegmann qui détient actuellement la moitié de KNDS, valorisera le groupe entre 15 et 18 milliards d'euros (17,2 à 20,6 milliards de dollars), a indiqué une source à Reuters.
Le sujet sera au menu du prochain conseil des ministres franco-allemand, prévu mi-juillet.
Paris et Berlin ont enterré le 8 juin le projet Scaf qui prévoyait notamment la fabrication d'un avion de combat franco-allemand de sixième génération.
(Reportage Elizabeth Pineau et Holger Hansen avec Florence Loève; édité par Benoit Van Overstraeten et Sophie Louet)