Par-dessus les Champs-Elysées, les gendarmes paradent avec leur nouvel hélicoptère super puissant information fournie par AFP 14/07/2026 à 21:49
Les cinq pales tourbillonnant à pleine puissance, l'hélicoptère bleu survole mardi la tribune présidentielle avant de descendre l'avenue des Champs-Élysées, "un honneur" pour le tout dernier équipement aéronef de la gendarmerie, doté de technologies dernier cri.
"N'oubliez pas que la France nous regarde !", lance joyeusement et avec fierté le lieutenant-colonel Jérôme Clauzade aux gendarmes embarqués dans cette "opération" pour le défilé du 14-Juillet, depuis la base de Villacoublay (Yvelines) avant l'envol de quatre de leurs appareils, avec en fer de lance le premier d'une nouvelle génération.
Commandant de la force aérienne Nord, le lieutenant-colonel pilote ce nouvel engin, référencé comme le H145 D3, en service depuis cinq mois et dont les performances sont accrues par des outils technologiques innovants comme les capteurs optroniques, la protection balistique renforcée ou encore un système de retransmission sécurisé.
"On peut considérer que cet hélicoptère est ce que l'on fait de mieux. Ses performances sont bien meilleures que celles des anciens modèles sur lesquels on opérait jusqu'à présent et qui avaient, pour certains, près de 40 ans", souligne le général Éric Espinal, commandant les forces aériennes de la gendarmerie nationale.
"Cet appareil nous permet, par sa marge de puissance, de pouvoir voler de nuit avec de nombreux équipements de mission embarqués. C'est vraiment le début du renouveau de notre flotte. Nous œuvrons pour que ce soit le premier d'une longue série", poursuit le général.
Il est un peu plus de midi mardi quand les quatre hélicoptères passent au dessus du quartier de la Défense et saluent la tribune présidentielle en formation diamant depuis leur position dans le ciel laiteux parisien.
Une vingtaine d'hélicoptères
Le H145 D3, reconnaissable par un dôme à l'avant abritant une station météo, guide la formation. Ses atouts ?
"Plus de puissance, plus de capacité d'emport en termes de passagers, un radar météo qui nous permet de s'affranchir de conditions météorologiques plus marginales, une caméra plus puissante aussi qui nous permet de se renseigner de plus loin et donc avec une plus grande discrétion, ce qui nous est très utile notamment dans les enquêtes judiciaires", détaille le lieutenant-colonel Clauzade.
Livré en janvier à Lille, l'aéronef, "absolument essentiel à la mission de service public", rappelle le général Espinal, a en particulier pour mission de lutter contre l'immigration clandestine, notamment dans les Hauts-de-France.
Le H145 D3 mène des missions de renseignement pour guider l'action des unités au sol et d'appui. "À l'aide du phare, des haut-parleurs, au profit des gendarmes et des policiers qui sont directement engagés au contact des migrants", explique le haut gradé.
"En complément, la gendarmerie s'implique dans la recherche des passeurs, ceux qui vivent de ces flux migratoires illégaux. L'objectif des forces de sécurité intérieure est donc, sous l'autorité des magistrats, d'apporter toutes les preuves permettant de démanteler ces réseaux", insiste le général.
Deux hélicoptères de ce type ont été financés par les Britanniques via le fonds Sandhurst, dans le cadre du traité de coopération du même nom, entre la France et le Royaume-Uni, destiné à freiner les traversées clandestines de la Manche. Ce traité a été signé le 18 janvier 2018 lors du 35e sommet franco-britannique.
Un deuxième hélicoptère a été livré à Amiens. Quatre autres devraient l'être d'ici à 2028.
En avril dernier, un nouvel accord franco-britannique d'une durée de trois ans a été signé avec une augmentation de la contribution financière du Royaume-Uni.
La gendarmerie nationale a pour "objectif 22 hélicoptères supplémentaires dans les prochaines années pour couvrir l'ensemble du contrat opérationnel".
En 2025, au moins 29 migrants sont morts en mer, selon un décompte de l'AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.
Selon les chiffres officiels des autorités britanniques, 41.472 personnes ont rejoint clandestinement le Royaume-Uni sur des petites embarcations en 2025. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis le début de ces traversées en 2018.