Ouverture du procès du commandant d'un pétrolier de la flotte fantôme russe
information fournie par AFP 23/02/2026 à 14:08

Vue aérienne du Boracay, prise au port de Saint-Nazaire, le 1e octobre 2025 ( AFP / Damien MEYER )

Le procès du commandant chinois du Boracay, un pétrolier de la flotte fantôme russe arraisonné par la France en septembre au large de la Bretagne, s'est ouvert lundi à Brest (ouest), en son absence.

Actuellement en mer, Chen Zhangjie, 39 ans, commandant chinois du Boracay (également connu sous le nom de Phoenix), est représenté devant le tribunal correctionnel de Brest par son avocat Henri de Richemont.

La justice lui reproche d'avoir refusé d'obtempérer lorsque la marine française a voulu inspecter son navire de 244 mètres de long, le 27 septembre, alors qu'il naviguait dans les eaux internationales au large de l'île d'Ouessant.

Le navire était suspecté d'être impliqué dans les survols de drones ayant perturbé le trafic aérien danois en septembre.

Deux employés d'une société de sécurité privée russe, chargés de surveiller l'équipage et de collecter du renseignement, se trouvaient d'ailleurs à bord du Boracay, a appris lundi l'AFP de deux sources françaises ayant connaissance du dossier. Agés de 34 et 40 ans, ces deux hommes, dont un ancien policier passé par la sulfureuse société Wagner, étaient employés par le groupe de sécurité privée russe Moran Security Group.

"Mon client n'a rien à voir avec cette présence, ce n'est pas lui qui met les Russes à bord de son navire", a déclaré à l'AFP Me de Richemont.

Seule personne poursuivie par la justice française, M. Chen risque un an d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende. Son avocat a annoncé qu'il demanderait au tribunal de Brest de se déclarer incompétent.

Les faits s'étant déroulés dans les eaux internationales, "le droit français n'a pas vocation à s'appliquer", a-t-il souligné. C'est la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, dite "de Montego Bay", qui s'applique dans ce cas de figure, selon l'avocat.

D'après les dispositions de cette convention, ce sont les tribunaux béninois (pavillon aboré par le Boracay à l'époque) ou chinois (nationalité du commandant) qui seraient compétents pour juger M. Chen, selon l'avocat.

Le Boracay, qui bat désormais pavillon russe, avait repris la mer cinq jours après avoir été arraisonné par la marine française. Il mouillait lundi près du port de Rizhao, dans le nord-est de la Chine, selon le site Marine Traffic.

La flotte fantôme russe est utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales contre ses ventes de pétrole.