Ormuz: "quelques semaines" nécessaires pour évacuer les marins, selon le patron de l'agence maritime de l'ONU
information fournie par AFP 24/06/2026 à 18:12

Le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, à Panama City (Panama), le 7 mai 2026 ( AFP / ARNULFO FRANCO )

L'évacuation des 11.000 marins bloqués dans la région du Golfe à cause de la fermeture du détroit d'Ormuz devrait prendre "quelques semaines", a estimé mercredi le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, dans un entretien à l'AFP.

Préparée de longue date par cette agence de l'ONU chargée de la sécurité en mer, l'opération doit permettre aux 600 bateaux immobilisés depuis le début de la guerre de quitter enfin la région. Le lancement de cette évacuation avait été annoncé mardi par l'OMI.

"Quelques navires ont transité hier (mardi) après-midi" par le détroit d'Ormuz, juste après cette annonce, a précisé Arsenio Dominguez.

"Il s'agit d'un processus progressif", a-t-il souligné. "Avec un peu de chance, la prochaine étape sera d'atteindre environ 50 navires par jour, mais il nous faudra encore quelques semaines avant de pouvoir réellement terminer l'évacuation" de tous les marins, a-t-il dit.

Le plan de l'OMI prévoit de contacter individuellement chaque navire pour donner des instructions de départ, en coordination avec les autorités côtières.

"Ce que nous voulons absolument éviter, ce sont les collisions et les accidents" qui pourraient survenir si tous les navires tentaient de quitter simultanément cette zone de navigation restreinte, a expliqué Arsenio Dominguez.

"Un peu plus de 80 mines"

L'évacuation des équipages doit s'effectuer par deux routes distinctes - l'une longeant les côtes omanaises, l'autre celles de l'Iran -, différentes du passage traditionnel mis en place par l'OMI en 1968 dans le cadre du dispositif de séparation du trafic.

"Nous avons reçu des informations selon lesquelles il y a des mines" dans la voie de circulation habituelle, qui doit "être sécurisée avant de pouvoir être utilisée", a précisé le Panaméen. "Des informations font état d'un peu plus de 80 mines", a-t-il détaillé.

Dans le protocole d'accord signé la semaine dernière entre Téhéran et Washington, l'Iran s'est engagé à déminer la zone dans un délai de trente jours.

Paris et Londres ont de leur côté proposé ces dernières semaines de participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz dans le cadre d'une coalition d'une quarantaine d'Etats, notamment en fournissant des moyens de déminage.

Mais il s'agit d'"une conversation parallèle", a relevé Arsenio Dominguez. Le plan d'évacuation de l'OMI est conduit en coopération avec l'Iran, Oman, les autres Etats riverains, les Etats-Unis et l'industrie maritime.

L'opération en cours ne prévoit aucun dispositif d'escorte ni aucun soutien militaire, a insisté le secrétaire général de l'OMI.

Les éventuelles entrées de nouveaux navires dans le Golfe ne concernent pour l'instant qu'un nombre limité de bateaux, a-t-il indiqué. Certains ont déjà emprunté le couloir proche des côtes iraniennes.

"Cette route est restée sûre jusqu'à présent", a affirmé Arsenio Dominguez, tandis que la voie longeant Oman est pour sa part uniquement "destinée à l'évacuation des navires".