"On passera l'été, mais..." : le transport aérien craint un "contre-coup" de la crise à l'automne prochain information fournie par Boursorama avec Media Services 07/05/2026 à 09:50
Le chef de file de l'Union des aéroports français et francophones redoute des "arbitrages assez sévères" après la période estivale, notamment en matière de suppressions de lignes.
Face à la flambée des coûts résultant de la crise au Moyen-Orient, le spectre d'annulations de vols massives en été reste à distance, mais avec la crainte "un contre-coup en automne" pour le secteur aérien, a déclaré jeudi 7 mai le président de l'Union des aéroports français et francophones associés.
"On passera l'été, mais le secteur ne sortira pas indemne de cette crise énergétique qui s'annonce structurelle", a déclaré Thomas Juin, président de l'UAF sur RMC. "Tout le secteur sortira très fragilisé. Ce qui est à craindre, c'est qu'on subisse le contre-coup à l'automne" , a-t-il ajouté.
Le secteur a en tête l'exemple de 2025 avec "une deuxième vague de suppression de lignes" à l'automne "suite au triplement de la taxe sur les billets d'avion". "On a eu pratiquement un million de sièges supprimés sur nos aéroports français en faisant cette taxe" , a-t-il estimé.
"On s'achemine vers une situation où on va subir une situation de crise où les compagnies aériennes ont été fragilisées et donc vont être amenées à faire des arbitrages assez sévères sur les aéroports français", a-t-il poursuivi.
Politique fiscale "contre-productive"
Lors d'une réunion la veille avec gouvernement, les acteurs de l'aérien ont demandé d'"effacer le triplement de la TSBA", taxe sur les billets d'avion, a-t-il souligné en ajoutant que pour le gouvernement ce n'était "pas le moment d'aborder ce sujet". A l'issue de cette réunion, le ministre de l'Economie Roland a assuré qu'il n'y avait "à priori aucune crainte" de voir une pénurie de kérosène dans le transport aérien en mai et juin, en évoquant "sans doute peu de risque" pour la suite.
Contrairement à ses voisins européens, "la France n'a pas retrouvé son niveau d'avant Covid, ce qui n'est pas le cas en Espagne, au Portugal, en Italie où ils sont à plus 15%, plus 20%", a pour sa part déploré Thomas Juin. "Il faut engager une politique fiscale aérienne qui soit pragmatique et qui ne soit pas contre-productive pour notre secteur", a-t-il conclu.