"On est perdu": à Levallois, des habitants perplexes face au retour en coulisse de Balkany information fournie par AFP 23/01/2026 à 08:39
Un premier candidat estampillé Balkany, puis un deuxième, des élus exclus du conseil municipal: à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), les rebondissements autour du retour en coulisse de Patrick Balkany, 77 ans, ex-édile de la ville sous le coup d'une peine d'inéligibilité, laissent des habitants perplexes.
"On est perdu, ça devient une guerre d'ego", résume Marianne, 36 ans, qui comme plusieurs habitants rencontrés par l'AFP exprime, sous couvert d'anonymat, une lassitude face aux frasques de l'ancien maire.
Jeudi soir, les élus de Levallois ont convoqué une réunion extraordinaire dans la luxueuse salle du conseil municipal d'une des villes les plus cossues d'Ile-de-France.
Objectif pour la maire actuelle, Agnès Pottier-Dumas: évincer deux adjoints vus en train de prendre un café avec Patrick Balkany.
"Quand vous êtes une majorité et qu'il y a une ambiance de déloyauté, il faut prendre une décision", a-t-elle tranché lors du conseil municipal, où sa très large majorité lui a permis d'écarter les deux élus.
"Un café devient une faute politique, une rencontre devient une trahison", s'est exclamé un des deux adjoints, par ailleurs impliqué dans une autre affaire: il a porté plainte contre un YouTubeur qui l'a qualifié d'"arnaqueur" dans une de ses vidéos.
- Générations successives -
Patrick Balkany, qui avait cédé sa place en 2020 en raison d'une peine d'inéligibilité après sa condamnation pour blanchiment de fraude fiscale, avait rapidement retiré son soutien à son ancienne directrice de cabinet.
Alors que Mme Pottier-Dumas (LR) est candidate à sa réélection, M. Balkany compte présenter une liste, sur laquelle il ne figurera donc pas.
"Je ne peux pas faire 10 mètres dans la rue sans qu'on m'arrête pour me demander de revenir", assure à l'AFP Patrick Balkany, qui compte présenter "une liste, Générations Balkany, comme ça on saura de quoi on parle".
Le nom suffit-il encore pour être élu à Levallois ? Habitante de la ville depuis sa naissance, Marianne dit avoir "grandi dans la ville de Balkany" et ne pas vouloir "cracher sur lui, qui a tant fait" quand il était maire de cette ville au nord-ouest de Paris, de 1983 à 1995 puis de 2001 à 2020.
"Mes clients l'aiment bien, Balkany, mais Jérôme Gauliard, Mounia Inoughi, on ne sait pas qui c'est", abonde un commerçant de la ville.
La liste de Générations Balkany a en effet déjà changé de tête : le candidat qui la menait initialement, Jérôme Gauliard, a connu un début de campagne difficile, des articles de presse évoquant des impayés de ses sociétés.
Lâché par M. Balkany, il a annoncé se retirer de la course mardi, selon le Parisien.
- Nouveau procès -
Alors que les listes officielles seront déposées entre les 12 et 26 février, Patrick Balkany défend désormais la candidature de Mounia Inoughi, "une fille formidable" selon lui.
"On ne sait même pas ce qu'elle a à dire, et lui il continue de se pavaner, c'est une honte, tout simplement", s'énerve Christine, 74 ans, habitante de Levallois depuis 22 ans.
"Aujourd'hui, quand on me parle de Balkany, c'est en mal, on ne veut plus de ça à Levallois", assure à l'AFP la maire actuelle, Mme Pottier-Dumas.
A quelques mois des élections, Patrick Balkany a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Nanterre, qui doit le juger pour détournement de fonds publics, dans un dossier où il est soupçonné d'avoir utilisé des policiers municipaux comme chauffeur et des véhicules à des fins privées.
"C'est un mauvais procès qui comme par hasard tombe juste avant les élections", évacue Patrick Balkany, qui se focalise sur le scrutin: selon lui, "tout se fera au deuxième tour".