Ombrières photovoltaïques sur les parkings : l'obligation entre en vigueur, à peine 15% des sites en conformité
information fournie par Boursorama avec Media Services 01/07/2026 à 19:03

En 2024, la grande distribution demandait au moins deux ans de délais supplémentaires pour se mettre en conformité.

( AFP / ALAIN JOCARD )

Alors que les gestionnaires de grands parkings doivent depuis mercredi 1er juillet les équiper d'ombrières photovoltaïques, en vertu de la loi sur les énergies renouvelables de 2023, seulement quelques 15% des sites sont en conformité. La grande distribution, première concernée, dénonce des "objectifs inatteignables" et réclame une "réglementation réaliste".

La loi APER impose aux parkings extérieurs existants de plus de 1.500 mètres carrés d'installer sur la moitié de leur surface des ombrières recouvertes de panneaux solaires, pour faire de l'ombre et produire de l'énergie. Selon un décret publié fin 2024, les gestionnaires avaient jusqu'au 1er juillet 2026 pour les plus grands parkings (plus de 10.000 mètres carrés), et jusqu'à juillet 2028 pour ceux de plus petite taille (plus de 1.500 mètres carrés).

Or " beaucoup d'entreprises ne sont pas en conformité" , selon la société de services énergétiques Idex, qui observe "un afflux de demandes pour lancer rapidement des projets et rattraper le retard". Contacté par l' AFP , le directeur énergie solaire d'Idex, Edouard Roblot, évoque ainsi seulement "10% à 15% des parkings de plus de 10.000 m2 déjà équipés" ou en voie de l'être.

La grande distribution, concernée au premier chef avec ses 21.000 magasins et centres commerciaux, et ses 70 millions de mètres carrés de parkings , avait demandé dès avril 2024 un report de l'échéance "de deux ans au minimum". Puis, en janvier 2025, son lobby, la FCD, alliée à une dizaine d'autres organisations, a attaqué le décret devant le Conseil d'Etat, invoquant des délais "irréalistes".

Ce "recours contentieux" est toujours en cours, précise-t-elle à l' AFP . "Les professionnels du commerce sont pleinement engagés dans la transition écologique (...) mais les modalités d'application prévues (...) rendent les objectifs inatteignables", a-t-elle déploré.

Jusqu'à 40.000 euros d'amende par an

Le "contexte réglementaire n'est toujours pas finalisé", déplore auprès de l' AFP Franck Charton, délégué général de Perifem, fédération patronale des distributeurs dédiée aux questions énergétiques et environnementales. Il salue les "avancées obtenues" fin 2025 à travers la loi Huwart, qui permet de substituer en partie la plantation d'arbres aux ombrières. Les enseignes pourront ainsi ajuster la "quantité de panneaux photovoltaïques" à leurs besoins et conservent davantage d'"autonomie" pour décider de la destination de ces surfaces à l'avenir, et éventuellement d'en vendre une partie pour un autre usage, fait-il valoir.

Sur le terrain, certains ont toutefois déjà commencé à s'équiper, relève-t-il, sans donner de chiffres.

Carrefour, deuxième distributeur français, revendique dans le pays "un peu moins de 100 magasins dont les installations (d'énergie solaire, NDLR) sont en fonctionnement ou en cours de finalisation de construction", plus de "160 magasins, hypermarchés et supermarchés, qui ont obtenu un permis de construire (...) pour une production annuelle de plus de 200 gigawattheures" et 80 chantiers lancés ces derniers mois, indique à l' AFP sa directrice exécutive stratégie, énergies et activités non alimentaires en France, Alice Rault.

La loi prévoit des sanctions allant jusqu'à 40.000 euros par an , mais les gestionnaires de parkings y échapperont s'ils montrent qu'"ils ont commencé leur réflexion" pour leur mise en conformité, selon Edouard Roblot.