Nucléaire: EDF risque de devoir accélérer son plan anticorrosions, dit l'ASN
information fournie par Reuters 16/03/2023 à 20:54

Photo d'illustration du logo d'EDF

PARIS (Reuters) - Le plan révisé de contrôles et de réparations des centrales nucléaires d'EDF lié à de nouveaux défauts de corrosion "va dans le bon sens", mais le groupe risque de devoir arrêter des réacteurs plus tôt que prévu pour vérifier l'état de ses installations, a dit jeudi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

L'électricien public a annoncé début mars la détection d'une importante fissure à proximité d'une soudure d'un circuit de sécurité du réacteur n°1 de la centrale de Penly (Seine-Maritime), ainsi que de deux fissures de "fatigue thermique" sur des lignes du réacteur n°2 de Penly et du réacteur n°3 de la centrale de Cattenom (Moselle).

Ces nouvelles fissures ont contraint EDF à adapter son précédent plan basé sur des défauts dits de "corrosion sous contrainte" (CSC) déjà identifiés - qui prévoyait le remplacement systématique et préventif d'ici fin 2023 des tuyauteries de sept réacteurs de 1.300 mégawatts (MW) -, suscitant des interrogations sur sa capacité à redresser sa production.

"Le plan va dans le bon sens", a déclaré Julien Collet, directeur général adjoint de l'ASN, lors d'une conférence de presse téléphonique.

"On a besoin encore d'échanger sur la justification du calendrier et ça peut conduire à des aménagements pour rapprocher le contrôle de quelques réacteurs", a-t-il toutefois ajouté.

Selon l'ASN, la stratégie révisée d'EDF permettra d'avoir contrôlé d'ici fin 2023 plus de 90% des soudures identifiées comme prioritaires par EDF car ayant fait l'objet de réparations au moment même de la construction des réacteurs, une intervention susceptible d'aggraver aujourd'hui le phénomène de corrosion.

Le gendarme du nucléaire a également estimé que la découverte d'un défaut de "fatigue thermique" parmi les grands défauts récemment identifiés, sur une soudure pour laquelle cette dégradation n'était pas attendue, nécessitait "des analyses complémentaires".

L'ASN attend également d'ici la fin de l'été 2023 les résultats de l'analyse EDF sur la sensibilité au risque de CSC de tuyauteries en acier inoxydable autres que celles identifiées jusqu'à présent comme étant soumises au phénomène.

(Reportage Benjamin Mallet, édité par Matthieu Protard et Jean Terzian)