Nouvelles frappes contre l'Iran après la mort de Khamenei
information fournie par Reuters 01/03/2026 à 08:22

par Alexander Cornwell et Sarah El Safty

Israël a déclaré dimanche avoir lancé une nouvelle vague de frappes aériennes sur l'Iran, plongé dans l'incertitude au lendemain de la mort de l'ayatollah Ali Khamenei dans une offensive israélo-américaine qui menace de déstabiliser le Moyen-Orient.

En réponse, le Corps des gardiens de la révolution islamique a promis dimanche matin dans un communiqué répondre bientôt avec son offensive la plus importante contre les bases américaines dans la région et Israël.

Le président américain Donald Trump a, en retour, averti le régime iranien de frappes d'"une force sans précédent" si Téhéran décidait d'user de représailles.

"L'Iran vient de dire qu'ils frapperont très fort aujourd'hui, plus fort qu'ils ne l'ont jamais été", a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.

"Ils feraient mieux de ne pas faire ça cela dit, car s'ils le font, nous les frapperont avec une force sans précédent", a-t-il ajouté.

Abdolrahim Mousavi, le chef d'état-major des forces armées iraniennes, a été tué dans les frappes qui ont visé l'Iran, a rapporté la télévision iranienne.

Le processus de transition à la tête du régime iranien va débuter dimanche, a rapporté la télévision d'Etat iranienne, citant Ali Larijani, principal responsable de la sécurité de l'Iran.

Ce dernier a accusé les Etats-Unis et Israël de vouloir désintégrer l'Iran et a averti les "groupes sécessionnistes" d'une réponse sévère s'ils tentaient d'agir.

Le président du parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a pour sa part déclaré que Donald Trump et Benjamin Netanyahu avaient franchi la ligne rouge et qu'ils en "paieraient le prix".

DEUXIÈME JOUR D'EXPLOSIONS

Plusieurs fortes explosions ont retenti dimanche à Dubaï aux Emirats arabes unis et à Doha, capitale du Qatar, selon des témoins, conséquence des frappes iraniennes de représailles sur des pays du Golfe.

En Israël, les sirènes d'alerte ont retenti dimanche matin et une série d'explosions a été entendue à Tel Aviv.

Aucun dégât ni blessé n'a été immédiatement signalé.

L'armée israélienne a dit dimanche matin avoir lancé de nouvelles frappes contre les systèmes de missiles balistiques et de défenses aériennes de l'Iran.

Les médias officiels iraniens rapportaient au même moment que des explosions avaient été entendues à Téhéran, la capitale iranienne.

Plusieurs centaines de civils ont été tués et blessés dans les frappes israélo-américaines, a déclaré samedi l'ambassadeur de l'Iran aux Nations unies, Amir Saeid Iravani, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'Onu.

Donald Trump a déclaré que les frappes aériennes visaient à mettre fin à des décennies de menace iranienne et à s'assurer que le régime de Téhéran ne développe pas l'arme nucléaire.

"Il ne s'agit pas seulement de justice pour le peuple d'Iran, mais pour tous les Grands Américains et ceux des nombreux pays à travers le monde qui ont été tués ou mutilés par Khamenei et son gang de CRIMINELS assoiffés de sang", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.

Donald Trump comme Benjamin Netanyahu ont enjoint les Iraniens à profiter de la situation pour renverser le régime iranien une fois les opérations militaires terminées.

Le régime iranien, soumis à des sanctions économiques, a réprimé dans le sang une vague de contestations d'Iraniens qui ont pris les rues du pays et a été fragilisé par l'affaiblissement de ses alliés dans la région par les attaques israéliennes.

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué alors qu'il travaillait à son bureau, selon des médias d'Etat iraniens.

Si les morts de l'ayatollah Khamenei et d'une partie de l'équipe dirigeante iranienne sont un coup dur pour Téhéran, elles ne signifient pas la fin du régime iranien ni de l'emprise du Corps des Gardiens de la révolution islamique sur la population, selon des observateirs.

PERTURBATIONS AÉRIENNES ET MARITIMES

Téhéran a lancé des frappes samedi en représailles à l'opération "Fureur épique" menée conjointement par les Etats-Unis et Israël, visant des bases américaines au Moyen-Orient.

Plusieurs aéroports de la région, dont celui de Dubaï, le plus fréquenté au monde, ont suspendu leur activité sous la menace des frappes iraniennes, provoquant une des perturbations aériennes les plus importantes de ces dernières années.

L'aéroport de Dubaï et l'emblématique hôtel Burj al Arab ont été endommagés dans une attaque iranienne dans la nuit.

Téhéran a par ailleurs déclaré samedi avoir fermé le détroit d'Ormuz, par lequel transite près d'un cinquième du pétrole mondial, laissant présager une hausse des prix de l'or noir.

Les principaux pays exportateurs de l'OPEP+ doivent se réunir dimanche.

(Version française Zhifan Liu)